La Colombie fait (aussi) son entrée dans la guerre des devises

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Les flux de Hot Money, ce terme anglo-saxon pour désigner les flux spéculatifs qui vont d'un pays à l'autre en fonction des taux de rendement, n'ont pas seulement pour cible le géant chinois. L'Amérique latine est loin d'être épargnée par ce phénomène qui a pris de plus en plus d'ampleur dans la foulée de la crise économique et financière à la faveur des nouvelles mesures d'assouplissement prises par les banques centrales de la Triade.

L'argent japonais a ainsi fait son nid en Chine, tandis que l'argent nord-américain ou encore européen a souvent trouvé des investissements plus attractifs en Amérique latine, y compris en Colombie qui profite depuis quelques années d'un climat économique de plus en plus favorable en raison de l'affaiblissement de la guérilla des FARCs.

On sait en économie que les pays émergents ont souvent pour stratégie première, avant de chercher à développer une classe moyenne consommatrice de biens, à se tourner vers les exportations. Ce fut le cas de la Corée du Sud dans les années 70, c'est le cas de la Colombie encore à l'heure actuelle. Le pays compte pour beaucoup sur son industrie exportatrice pour garantir le développement économique. Cependant, avec un peso colombien qui atteint des records du fait de la spéculation, la tâche s'avère de plus en plus ardue. A tel point que le Président Santos a, cette semaine, appelé officiellement la banque centrale à prendre de nouvelles mesures pour influencer à la baisse sur le taux de change du peso face au dollar américain.

La banque centrale n'est pas restée inactive dans cette guerre des devises qui se joue au niveau international. Ainsi, un programme de pas moins de 3 milliards de dollars court jusqu'en mai afin de racheter des USD sur le marché des changes. C'est une technique commune pour les banques centrales, particulièrement en Amérique latine, afin de peser sur le taux de change de la monnaie nationale.

De fait, le peso a réussi à s'affaiblir depuis février dernier de 2.4% sur le marché des changes. Insuffisant quand on sait que la devise a gagné près de 9.7% en 2012 et même atteint un plus haut niveau depuis 17 mois dans les premiers jours de janvier.

Alors que certaines banques centrales occidentales, comme la Banque d'Angleterre, envisagent de nouvelles mesures en faveur de plus d'assouplissement, ce qui va attiser les flux de Hot Money, la banque centrale de Colombie ne pourra pas faire l'économie de plus de créativité afin de faire baisser le peso sur le forex. La prochaine réunion de politique monétaire est prévue le 22 mars. Elle devrait être l'occasion de discuter des moyens à mettre en oeuvre mais le marché ne s'attend à aucune décision concrète tant que le programme d'achats de dollars américains sera encore en cours. Les mesures ne devront tomber probablement que courant mai ou juin prochains.

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