Le scandale Mittal

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Marc Fiorentino
Marc Fiorentino (Crédits : MonFinancier.com)
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Il y a 10 ans, l'OPA sur Arcelor était lancée par Mittal. Et à l'époque, il y avait deux camps. Ceux qui défendaient cette OPA au nom de la globalisation et de la liberté des capitaux, et ceux, dont je faisais partie, qui considéraient que laisser partir un fleuron européen était une erreur dramatique.

UN HOLD-UP

Il y a dix ans Arcelor était une entreprise solide. À force de restructurations et de recapitalisations entièrement financées par les contribuables français et européens, l'entreprise était devenue rentable, son endettement était limité et son positionnement à valeur ajoutée. Seul bémol, sa direction était peu encline à une croissance forte, notamment par croissance externe, de peur d'un retour à un nouveau cycle baissier, ce qui avec le recul était une crainte justifiée. Mais c'est quand même Mittal qui a réussi cette OPA... Grâce à une magnifique campagne de communication et une exceptionnelle ingénierie financière, Mittal a réussi à s'emparer de ce joyau, sans débourser un sou, en payant avec des actions Mittal, des actions de papier et en contractant une dette abyssale. Le gouvernement n'était pas intervenu, l'Europe non plus, de peur d'être taxés de protectionnisme.

LE MASSACRE MITTAL

Aujourd'hui la messe est dite. Mittal a publié des résultats catastrophiques. Son endettement est supérieur à 15 milliards d'euros et a peu de chances d'être remboursé, ses pertes atteignent les 7 milliards d'euros rien que pour 2015. Les actionnaires qui ont suivi cette fusion il y a dix ans ont perdu les ¾ de leur argent. Et on reparle évidemment de possibles licenciements en France et en Europe. Rappelez-vous les promesses non tenues de Mittal de ne pas fermer ses hauts fourneaux en France. Des licenciements seront inévitables encore en Europe et en France alors que le groupe fait déjà massivement usage du chômage partiel. Le paradoxe c'est que 10 ans après, malgré le massacre et le pillage opérés par Mittal, l'Europe est la seule partie du groupe qui est encore rentable. ET l'autre paradoxe c'est que Mittal viendra peut-être obtenir de l'aide financière de l'Europe contre une promesse qu'il ne tiendra pas de...

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Commentaires
a écrit le 26/07/2017 à 14:33 :
Rien de neuf malheureusement dans ce que dit ce journaliste pourtant clairvoyant, de ce que que les gens de métier savait déjà au moment de la fusion. je parle de ceux qui sont sur le terrain, dans ce que certain appel avec étonnement, la réalité, comme une imprécation pour masquer leur manque de clairvoyance, leur incompétence, masqué généralement par une prolifération d'arguties. Les allemands juste de l'autre coté de la frontière et en Moselle ou sont ces installations industriels à quelques kilomètre seulement, voisins proches parfois même de la famille, le savent trop bien ils ont simplement dit non à MITTAL, nein en allemand, sémantiquement non merci définitivement et accessoirement au revoir la sortie est par la. Pas comme les français , causant et encore causant et puis c'est tout, sans politique structurée, rigoureuse, stable, à long terme, comme on le voit plus depuis plus de 50 ans et particulièrement dans le coin. MITTAL achète a crédit il peut pas payer, car il a volontairement encaissé des dividendes royaux au lieu d'investir. Comportement de cupidité ou de stupidité, sans aucune importance pour lui c'est le propriétaire et nos politiques décideurs l'ont décidé comme cela! Fin de l'histoire va falloir passer à la caisse et fermer et arrêter de pleurer...On continu a démonter casser bousiller, mais avec le verbe haut, l'arrogance de l'imbécile qui ne comprend rien et ne veux rien savoir ... Une faillito-cratie rayonnante.
a écrit le 14/02/2016 à 19:55 :
Je suis surpris des propos de M. FIORENTINO et je cherche les propos qu'il a réellement tenu à cette époque.Néanmoins, il peut dire ce qu'il veut maintenant, la messe est dite. L'un des fleurons de l'industrie française et européenne est entrain d'être détruite. Grâce à une gestion catastrophique de son management. Mais pas de problème pour ce même management : on sait récompenser les compétences et éviter le nivellement par la bas (des primes pour incompétence) et ils se sont soigneusement engraissés sur la bête.
a écrit le 10/02/2016 à 12:57 :
il faut inculper ceux qui ont vendu cette entreprise
il doivent etre responsable de leur acte
c'est de la haute trahison

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