Nouvelle économie et hôteliers : pour la juste concurrence, il faudra attendre

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Ce n'est pas faute d'essayer. Le syndicat professionnel Umih qui représente 80 % des professionnels français du secteur CHR (Café, Hotels, Restaurants) ne ménage pas sa peine pour mettre la pression sur les acteurs du monde numérique qui viennent bousculer ses marchés. Le funeste 13 novembre dernier, c'est aux côtés de cinq autres fédérations européennes (allemande, néerlandaise, espagnole, italienne et anglaise) que l'Umih interpellait l'Europe afin qu'elle mette en place les conditions d'une plus grande équité commerciale, sociale et fiscale.
Dans son collimateur : Airbnb, Abritel, Homelidays, Sejourning... le short renting, location courte durée, via les plateformes de mise en relation de particuliers, ou pseudo particuliers. Un phénomène international qui, selon l'Umih, connaît une expansion incontrôlée, à Paris notamment.
Un syndicat qui avance ses chiffres :
Dans ce contexte, qui s'accompagne de la montée en puissance de nouvelles offres de service de mise en relation d'internautes pour des repas payants chez les particuliers sans aucune contrainte sanitaire, sécuritaire, de type Vizeat, Voulezvousdiner.com... il était évident que les professionnels réunis à Bordeaux attendaient beaucoup de Martine Pinville, secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Artisanat. Espoirs déçus qui ont débouché sur une absence d'applaudissements de la part des 400 personnes réunis dans l'amphithéâtre du Palais des congrès de Bordeaux l'issue de son discours.
A l'issue de son intervention, Martine Pinville a pris le temps de discuter avec un restaurateur de la Meuse, visiblement déçu par son absence d'annonces en faveur de sa profession.
Les professionnels de la restauration parisienne apprécient. Mais l'ensemble de la filière, qui fait des propositions au gouvernement pour la mise en place d'une concurrence "juste et équitable" vis-à-vis de l'économie collaborative, comme la fixation de durée minimale de location de 7 jours pour les logements et une limite à 52 jours de location par an, attendait des actions de la part du gouvernement.
Un discours difficile à entendre pour Roland Heguy : "que l'Etat puisse admettre qu'on peut louer des logements à la nuitée sans les déclarer, c'est inadmissible pour nous !"
Sans lui répondre directement, la secrétaire d'Etat ajoutait hier après-midi :
En attendant, pour l'Umih (désormais dans le périmètre régional de la future grande région, celui d'une Umihra, qui regroupe les présidents des 12 départements d'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et vient d'élire son président pour quatre ans, Laurent Barthélémy) le temps joue toujours en défaveur du secteur "traditionnel". Un secteur tout juste rassuré par les deux annonces faites par Laurent Fabius pendant la récente conférence annuelle du tourisme. Celles-ci concernent la mise en place de France Développement tourisme (dispositif doté de 1 Md€ en faveur de l'hébergement français dans les territoires ruraux) et une mesure visant à obliger un propriétaire d'hébergement loué à déclarer les revenus agrégés de son activité à l'administration fiscale. "Une première pierre vers une plus grande transparence fiscale et vers une déclaration automatique des revenus entre les plateformes et l'administration fiscale", estime l'Umih qui rappelle au passage qu'il s'agit d'une proposition qu'elle porte depuis quelques mois...
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