Fin de parcours pour le développeur solaire Everwatt, éprouvé par les difficultés de ses actionnaires. La société laisse un projet clés en main derrière elle : la couverture de la base-sous marine de Bordeaux. Un repreneur doit être nommé par l'administrateur judiciaire. L'ex-dirigeant de la société met en cause le contexte politique.[Mis à jour le 16/09/25 à 10h20 avec la déclaration de la mairie]
Après les bus Safra et la start-up Arhyze dans l'hydrogène, le fonds Aqua Asset Management... C'est désormais au tour du développeur solaire Everwatt de connaître la faillite. Comme l'a révélé Sud Ouest, la société spécialisée dans le photovoltaïque a ainsi été placée en liquidation judiciaire le 24 juillet, confirmant une véritable hécatombe pour les actifs du fonds d'investissement français coté en Bourse Transition Evergreen.
Les deux fonds présents à son capital, Transition Evergreen et Conquest, ont successivement retiré leurs prises de participation. Le premier a mis un coup de frein dès le début de l'année, conduisant le groupe Everwatt à la cessation de paiements fin mars. Face au contexte politique fluctuant pour le secteur photovoltaïque en France, le fonds allemand Conquest a suivi fin août. Celui-ci devait abonder 34 millions d'euros de participations, mais Everwatt n'en aura vu que 8,5.
« On avait monté le groupe Everwatt en se disant que la fin du tarif réglementé et la baisse des aides de l'État nécessiteraient d'avoir un solaire au service des usages. On voulait trouver des clients au plus près des lieux de consommation pour être moins exposé aux variations des politiques nationales, qui sont illisibles en France sur les énergies renouvelables. Ce contexte a créé une incertitude auprès des financeurs », relate à La Tribune Jérôme Owczarczak, l'ex-directeur général du groupe.
Projet clés en main
La toute jeune structure avait donc misé sur l'autoconsommation collective de l'électricité, un créneau de plus en plus populaire dans les villes pour alimenter bâtiments et équipements publics ou privés (écoles, gymnases, piscines, entreprises...). C'est ainsi que le groupe Everwatt et sa filiale Boucl'Energie ont convaincu l'an passé la mairie de Bordeaux dans le cadre d'un appel d'offres pour couvrir la base sous-marine. Un titan de béton construit par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale et posé sur un bassin d'eau au nord de la ville. Sa vaste toiture de plus de 20 000m2, faite de pare-bombes, offrait un terrain de jeu massif pour un projet en zone urbaine mais très technique.