La commission d'enquête publique s'est déclarée favorable à la création en Gironde de la première usine de Flying Whales. Selon cet avis, le bilan carbone des futurs dirigeables géants qui y seront assemblés pour transporter des marchandises permettrait de compenser l’impact initial sur l’environnement.Avec l'ampleur du soutien public dont bénéficie Flying Whales, il était difficile d'imaginer un autre scénario. Le projet de zone d'activité dédiée à « la filière des dirigeables » à Laruscade, à 45 kilomètres au nord de Bordeaux, bénéficie d'aides régionales et nationales conséquentes. Après deux faux départs, pour raisons environnementales en 2023 puis, à nouveau, en 2024, le projet d'usine de dirigeables a finalement obtenu une dérogation du ministère en mai dernier et vient d'obtenir l'aval de l'enquête publique qui s'est déroulée cet été.
Les trois commissaires-enquêteurs viennent en effet de rendre un avis favorable tant sur l'autorisation environnementale du projet que sur sa déclaration d'utilité publique, comme l'a révélé Rue89 Bordeaux le 13 septembre.
« Le bilan environnemental global nous apparaît équilibré »
Dans ce document publié par la préfecture de Gironde, les commissaires qualifient le dossier de « très complexe voire tentaculaire » car combinant plus de 200 documents et de multiples procédures juridiques interconnectées. Plus de 1 300 contributions ont également été adressées par les partisans et opposants de ce projet aéronautique hors norme et donc fondamentalement difficile à cerner.
Néanmoins, à l'issue de près de 200 pages d'observations, il est ainsi considéré :
« Bien qu'ils ne soient pas exactement de même nature, les bénéfices de décarbonation du dirigeable en fonctionnement compenseront à terme la dette résiduelle initiale sur la biodiversité. En ce sens, le bilan environnemental global nous apparaît équilibré. »
Un bilan global qui agrège de manière acrobatique des émissions de CO2 évitées ou réduites et des impacts sur les espaces naturels et la biodiversité. La construction d'un aérodrome et de deux gigantesques hangars abîmera en effet totalement ou partiellement près de 44 hectares de zones humides abritant des espèces protégées comme le vison d'Europe (dont la présence est seulement suspectée) et la loutre d'Europe, ainsi que de nombreux oiseaux, reptiles, amphibiens et insectes. « Les efforts du maître d'ouvrage ont permis d'améliorer le niveau des compensations sur les zones humides, réduisant ainsi la dette écologique, sans toutefois la certitude de la rembourser totalement », précise l'avis.