Aquitains d’ailleurs : il dirige la filiale de PSA en Ukraine

Emmanuel Langlois

Emmanuel Langlois
Travailler dans un pays en guerre. Certes, le front n'est limité qu'à l'est. Kiev, la capitale de l'Ukraine, est une ville comme les autres. Mais le conflit a des conséquences. Loïc Sibrac tient bon pourtant. Responsable de la filiale distribution de Peugeot-Citroën, le Français continue d'animer son réseau fort de 50 concessionnaires. Les deux marques représentent 4 à 5 % du marché automobile.
Du coup, les acheteurs sont prêts à d'incroyables sacrifices financiers et les marques tricolores, Peugeot, Citroën et Renault, sont dans la course.
Une bonne partie des sociétés étrangères ont souvent quitté l'Ukraine et seules les ONG remplissent aujourd'hui les hôtels de Kiev. Mais le Français veut y croire :
Loïc Sibrac a 48 ans et avance que les Ukrainiens de son âge rêvent d'envoyer leurs enfants à l'étranger.
De fait, les salaires sont bas. Son épouse, Inga, russo-ukrainienne, juriste de formation, a renoncé à chercher un job payé 300 euros par mois.
Le couple habite dans le centre de Kiev, dans un appartement en location. Loïc Sibrac y vit depuis sept ans. Né à Bordeaux, le jeune homme se lance après le bac dans une prépa au lycée Grand Lebrun. Il est reçu à l'ESC Rouen. Nous sommes en 1988. Il apprend le russe, par goût. Après son service militaire, il est tout de suite embauché chez PSA.
Kiev n'est qu'à 2 h 1/2 de Paris par avion. Loïc Sibrac rentre en moyenne une fois par an dans le Sud-Ouest. Sa famille a toujours un pied à terre au Pyla.
Comme toute la population ici, le couple ne sait pas de quoi demain sera fait en Ukraine. Loïc Sibrac balance entre optimisme et réalisme. Et veut croire que le pays a touché le fond et ne demande qu'à remonter à la surface. Reste à savoir quand.
Emmanuel Langlois
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