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100 % français, Keyor l'industriel de la porte s'est réveillé

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 04 juillet 2016 à 07:47 - Mis à jour le 04 juillet 2016 à 16:24

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Après des années de sommeil sous bannière américaine, l’industriel de la porte, redevenu 100 % français se réveille. Nouvel actionnaire(Perceva) nouveau nom, nouveaux investissements, nouvelles ambitions, le groupe bordelais Keyor, désormais 100 % français, renoue avec la croissance.

Oubliées les années de recul du chiffre d'affaires, oublié aussi le nom Premdor, qui, sous la houlette du groupe américain Masonite, chapeauté un groupe de 5 marques (Batimétal, Rabillon, Ekem, Magri, Fonmarty) et six usines toutes spécialisées dans la fabrication de portes de différents types.
Le groupe américain Masonite, géant mondial de la porte, souhaitait prendre des positions sur tous les marchés porteurs du globe. La France faisait partie de ses cibles privilégiées. Entre 1993 et 1998 il avait fait l'acquisition de cinq sociétés et de six sites industriels dont l'usine produisant la marque Ekem, positionnée à Bazas, mais aussi à Bordeaux qui devenait alors la ville hôte du siège social de l'ensemble Premdor France.

Érosion du CA, arrêt des investissements

Un ensemble qui va compter jusqu'à 700 salariés, et 100 M€ de CA... avant de voir ce dernier s'éroder au fil des dernières années, sous l'effet de la crise économique, du ralentissement du secteur du bâtiment... mais pas seulement.
En réalité, le groupe Premdor France la victime d'un manque d'intérêt du groupe Masonite qui considère le groupe français comme une rente confortable. De plus, bousculé par la  crise US des subprimes, le groupe Masonite décide de se  recentrer sur ses plus gros marchés, notamment aux USA et au Canada. Il néglige dès lors l'organisation de ses filiales. Le groupe Premdor France ne bénéficie plus d'investissements, l'outil n'est pas ou peu renouvelé, la stratégie n'est pas claire. Le chiffre d'affaires recule de 27 M€ en l'espace de quelques années, l'endettement progresse et surtout, Premdor ne recrute plus.

25 M€ d'investissements programmés

Quand en 2015, le 31 juillet exactement, le groupe US se sépare de Premdor France en acceptant l'offre de reprise du fonds d'investissement français Perceva ce dernier est persuadé de mettre la main sur une belle endormie.
Il en confie les rênes à Philippe Heripret, dirigeant arrivé de la concurrence (Il a dirigé France Portes pendant 14 ans). Très vite ce dernier et son équipe de direction identifient les points d'amélioration à apporter, les sites qui méritent des investissements, "A l'image de Bazas, notre principale usine, qui emploi plus de 200 personnes et qui va bénéficier d'un important programme de rénovation, sur deux ans" souligne ce dernier.
Un programme d'investissement évalué à 6 M€ à Bazas, et à 25 M€ en trois ans sur l'ensemble des sites industriels du groupe. L'usine de Bordeaux (85 salariés), elle, située en plein périmètre Euratlantique bénéficie d'une enveloppe un peu moins importante, avec 1 M€ investis dans des machines ultra modernes.

Le siège social doit rester à Bordeaux

"Nous ne pouvons faire mieux que changer le matériel car notre situation géographique dans Euratlantique va entraîner un déménagement, sans doute toujours à Bordeaux et sa métropole. Donc nous sommes plus attentistes pour cette usine... mais pas pour notre siège social qui restera bordelais, et, très vraisemblablement à la même adresse car notre bâtiment est très moderne, il devrait s'intégrer facilement dans le projet Bordeaux - Euratlantique" précise le président.

Dès son  arrivée en octobre dernier, il a mis sur pied une stratégie de reconquête commerciale, elle passe notamment par un changement de nom de groupe.

"Pas question de remettre en cause les différentes marques produites par nos différentes usines qui sont toutes sur des gammes précises de portes qui vont de la porte de base à la porte blindée, hyper techniques, coupe feu, anti rayon X, portes design, personnalisables..." explique Philippe Heripret, "mais il nous fallait une marque ombrelle, celle qui incarnera l'appartenance à un groupe qui parle d'une seule voix désormais. Une entité unique qui permette à tous nos commerciaux de proposer l'ensemble de nos productions".


Le Groupe Keyor et ses usines peuvent produire 1,5 million de portes par an

Keyor recrute massivement et booste son CA

Cette marque, depuis avril dernier c'est Keyor. Pilotée depuis le siège social de Bordeaux, l'entité Keyor n'a pas tardé à se remettre en ordre de bataille. Fort d'un management renforcé, avec l'arrivée d'un DRH, de contrôleurs de gestion, d'une cellule marketing et d'un directeur des achats, le groupe Keyor qui a enregistré  93 M€ de chiffre d'affaires en 2015 annonce un exercice 2016 qui va lui permettre de renouer avec les chiffres d'affaires des plus belles année de l'époque Premdor. L'exercice en cours a vu le chiffre d'affaires progresser de 10 % par rapport à même semestre en l'an dernier.

"Nous étions au dessus de nos objectifs 2016 dès le mois de mai... nous reprenons clairement des positions à nos concurrents."

Le groupe devrait dépasser les 100 M€ de chiffre d'affaires... 18 mois seulement après sa reprise par Perceva.
Une performance qui s'accompagne de recrutements. Depuis septembre 2015, 50 personnes ont grossit les rangs de Keyor en France, des embauches d'opérateurs sont encore programmées d'ici la fin de l'année, notamment sur le site industriel de Bazas en Gironde.

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Opération de croissance externe en vue

Le groupe ainsi réorganisé, capable de produire 6.500 portes par jour, soit 1,5 million de portes à l'année. Des portes de tous types vendues uniquement au négoce et entreprises générales, et principalement (95 %) en France... pour le moment.

"En France, désormais, le Made in France est un vrai plus pour notre groupe et ses produits fabriqués sur le territoire. Surtout depuis que notre capital est à nouveau totalement français. Mais cette image du Made in France peut également bien fonctionner à l'étranger. L'export fait clairement partie de nos objectifs surtout maintenant que nos usines sont d'équerre, que la qualité de notre production a été optimisée. Nous nous intéressons aux marchés du Benelux notamment."

L'export est dans le collimateur de Keyor qui lorgne aussi sur des opérations de croissance externe.

"Nous avons, sur le bureau, un dossier à l'étude. Une société qui réalise 10 M€ de chiffre d'affaires qui pourrait compléter notre proposition actuelle" lâche Philippe Heripret.

Difficile d'en savoir plus à cette heure, mais la transaction est dans la dernière ligne droite. Le groupe Keyor ne dort plus...


Le siège social de Keyor, situé en plein périmètre Euratlantique, ne devrait pas déménager mais son usine située à proximité immédiate, si.

Pascal Rabiller

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