La CFE-CGC veut qu'Orange crée 1.000 emplois à Bordeaux

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
"Orange perd chaque année 7.000 emplois au plan national. Dans le détail on décompte 7.000 départs à la retraite et 2.000 démissions, contre 2.000 embauches, ceci pour un total groupe de 100.000 emplois" précise Sébastien Crozier.
En Gironde Orange comptait 2.894 emplois à temps plein (ETP) l'an dernier, pour un total Nouvelle-Aquitaine de 5.714 ETP. Mais les projections prévoient qu'en 2016 cet effectif régional devrait reculer à 5.149 ETP, puis 4.670 en 2017, 4.286 en 2018, 4.050 en 2019 et 3.911 en 2020 : soit un recul de 32 % en cinq ans. La CFE-CGC souligne l'importance des disparités d'un territoire à l'autre puisque la chute des effectifs devrait être de 45 % en Charente, contre 27 % en Gironde.
C'est dans l'agglomération bordelaise qu'Orange emploie l'essentiel des 2.894 ETP recensés en Gironde et d'ici 2018 la confédération prévoit qu'entre 574 et 605 salariés girondins partiront à la retraite. Départs qui seraient compensés à hauteur de 112 à 273 recrutements internes ou externes, pour arriver une fourchette de 2.433 à 2.562 ETP à durée indéterminée d'ici fin 2018.
En plus des contraintes économiques, qu'il a développées, Sébastien Crozier voit là un héritage de la présidence de Didier Lombard, PDG de France Télécom de 2005 à 2011.
Officiellement pas d'esbroufe dans ses propos même si la déclaration a peu de chances de passer inaperçue.
"C'est une position assez offensive, je l'admets, reconnait le syndicaliste. Le problème ce n'est pas de trouver des gens pour venir à Bordeaux, mais le schéma d'organisation. Nous interpelons les élus locaux à ce sujet. Et il faut bien reconnaitre qu'avec la primaire de la droite et du centre c'est plutôt dur en ce moment, s'amuse-t-il. Chaque fois qu'une unité d'Orange déménage, nous demandons aux élus de ne pas se borner à réclamer le maintien de l'emploi, non. Nous les encourageons à demander la création d'emplois nouveaux, et c'est exactement ce qu'il faut faire !" assure-t-il.
Cette mobilisation des élus est d'autant plus souhaitable, explique Sébastien Crozier, que les salariés d'Orange ne veulent pas aller en province pour se transformer en "cadres-TGV". Il faut donc qu'ils puissent faire en région une carrière complète, "ce qui implique la création de deux ou trois postes de cadres (dans une perspective hiérarchique -NDLR), ce qui n'est pas faisable partout et pas encore à Bordeaux". Autre grand paramètre abordé par le patron des cadres d'Orange : l'évolution du secteur de la téléphonie.
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Le patron de la CFE-CGC se désole que le résultat net du groupe ne dépasse pas 8 % du chiffre d'affaires. Il a été légèrement inférieur à cette proportion en 2015, avec tout de même un montant de 2,9 Md€ de bénéfice net, pour un chiffre d'affaires de 40,2 Md€. Mais cette barre du bénéfice net à près de 8 % du chiffre d'affaires correspond aussi, selon Sébastien Crozier, à l'ampleur de la baisse des prix constatée sur le marché de la téléphonie, avec au bout du compte des destructions d'emplois non compensées par des investissements, et des fermetures de boutiques de proximité.
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"Il y a dans le groupe une opposition entre les industriels, qui veulent étendre le réseau de la fibre optique, et les financiers, pour lesquels il y a trop de flou quant au retour sur investissement dans la fibre optique, à cause d'incertitudes réglementaires" éclaire le syndicaliste. On devine dans ces "industriels" les descendants des techniciens de France Télécom.
Le message de fermeté envoyé aux élus par la CFE-CGC au sujet d'Orange sera-t-il entendu ? Espérons que oui...
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