Le port de Cherbourg met le cap sur l’éolien flottant
Nathalie Jourdan
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Le port de Cherbourg a gagné 40 hectares sur la mer pour créer un hub pour les énergies marines
L.Pouyadoux Biplan
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Le port de Cherbourg a gagné 40 hectares sur la mer pour créer un hub pour les énergies marines
L.Pouyadoux Biplan
Les pales qui moulinent au large font parfois oublier que la bataille de l'éolien offshore se joue aussi à terre. Et singulièrement dans les ports qui se trouvent plus que jamais en première ligne depuis que les turbiniers se sont lancés dans une course effrénée au gigantisme. Des mâts toujours plus hauts, des nacelles toujours plus lourdes et des pales extensibles... Rien ne paraît entraver les rêves de grandeur des fabricants mondiaux d'éoliennes.
Cette marche en avant n'est pas sans conséquences dans les ports qui stockent et manutentionnent les machines avant leur transhumance vers la haute mer. Leurs infrastructures, qui il y a peu semblaient hors norme, risquent d'être bientôt sous-dimensionnées.
Le cas du port de Cherbourg illustre bien ce jeu de gagne terrain.
Dès 2015, les collectivités normandes ont investi 100 millions d'euros pour y aménager un espace d'une centaine hectares (dont 40 sont gagnés sur la mer). Le site est bordé de quelque 400 mètres de quais équipés et taillés pour supporter des charges lourdes. Protégé de la houle par une digue, il est entièrement dévolu aux énergies marines.
Présenté à l'époque comme « unique en France », ce hub logistico-industriel tient ses promesses. En 2017, le fabricant de pales LM Wind Power y bâtit une usine qui sera agrandie deux fois en cours de construction puis une troisième fois ensuite en raison de l'allongement des pales (107 mètres aujourd'hui et probablement davantage demain). Le site est aussi mobilisé pour l'expédition des machines et/ou des fondations des parcs de Fécamp et Saint-Brieuc et le sera bientôt pour ceux de Courseulles et de Dieppe-Le Tréport.
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Résultat, les éoliennes sont devenues une rente pour le port du Cotentin qui a vu son trafic de navires de commerce (hors ferries) multiplié par sept. Les énergies marines représentent aujourd'hui entre 80 et 90% de son trafic fret. Mais pour combien de temps ? L'accroissement du poids et de la taille des composants couplée à la montée en puissance des projets de parcs offshore menace de démoder rapidement ses installations.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Nathalie Jourdan
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