L'euro plombé par les maillons faibles de la zone

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Après une incursion jusqu'à un nouveau point haut de deux mois à 1,3285, le dollar a desserré l'étau sur l'euro, à la veille du long week-end de Thanksgiving.

L'euro donne aujourd'hui l'image d'un outil inadapté aux besoins de pays dont les économies font le grand écart.

La zone euro pourra-t-elle longtemps vivre avec la perspective de la mise sous perfusion de L'Union européenne et du FMI, sine die, de ses maillons faibles que sont la Grèce et l'Irlande, mais peut-être aussi du Portugal, voire de l'Espagne, quatrième puissance économique de la région ? Une chose est sûre : les acteurs du marché des changes, qui voient se profiler de plus en plus distinctement le risque de contagion, ne semblent pas prêts à jouer durablement le jeu. Plus encore qu'en mai dernier, au plus fort de la crise hellénique, ils se sont mis en position de tester la détermination des responsables d'une construction monétaire unijambiste, qui ne repose que sur une monnaie unique et une banque centrale partagée par seize pays membres, à protéger le fragile édifice qu'ils ont mis plus d'une génération à construire.

Décote

L'euro, qui avait joué à plein son rôle de bouclier anti-crise jusqu'à l'éclatement de la plus dévastatrice tempête financière depuis les années trente, donne aujourd'hui l'image d'un outil inadapté aux besoins de pays dont les économies font le grand écart. La preuve en est que la monnaie unique chute comme une pierre depuis l'annonce du montage d'un plan de sauvetage de l'Irlande le week-end dernier. Initialement salué par un modeste rebond face au dollar, l'euro n'a par la suite cessé de dériver. Ainsi mercredi, il est tombé jusqu'à un nouveau point bas de deux mois, à 1,3285 dollar, portant à 3,6 % sa décote depuis lundi, même si l'approche de la fête de Thanksgiving a provoqué de classiques prises de bénéfice sur le billet vert en fin de séance.

Face à ce désolant spectacle, jamais la Banque centrale européenne n'a été dans une position aussi délicate. Or, lors de sa conférence de presse du 4 novembre, Jean-Claude Trichet avait donné rendez-vous à ses interlocuteurs et aux marchés le 2 décembre, à l'issue du prochain conseil de la banque centrale. Avec pour objectif de leur dévoiler un calendrier de levée progressive du programme de rachat de dette des pays en difficultés de la zone euro et de retrait des opérations de refinancement exceptionnelles qui permettent aux banques de lever des quantités illimitées de liquidités, décrites alors comme « par nature transitoires ». Même si entre temps le président a annoncé qu'on ne pouvait pas exclure que la BCE agisse sur ses taux avant d'intervenir sur la liquidité, on voit mal de quelle marge de manoeuvre disposent aujourd'hui les « Sages » du conseil, pris en tenaille par les rebondissements de la crise souveraine et l'euro fondant. Ce mercredi, la BCE a d'ailleurs alloué une quantité beaucoup plus importante qu'attendu de liquidités à 91 jours, soit 38,2 milliards d'euros pour une tombée de 19,1 milliards. « L'addiction » des banques à l'argent de la banque centrale dénoncée par Trichet n'est pas en voie de guérison.

 

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