Tiraillé par les crises de la dette, le couple euro-dollar entre dans une ère de forte volatilité

Face aux péripéties quotidiennes, les investisseurs ne savent plus à quel saint se vouer.
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Les acteurs du marché des changes n'ont pas réagi aussi négativement à la mise sous surveillance de la note souveraine des États-Unis par Standard & Poor's dans la nuit de jeudi que la veille lorsque sa consoeur Moody's avait pris la même initiative. Le dollar, qu'ils avaient lourdement sanctionné par des ventes agressives le 14 juillet, en a même profité pour reprendre un peu de hauteur, bien que le terrain du relèvement du plafond de la dette de l'Oncle Sam soit toujours aussi loin d'être déminé. D'un point bas de 1,4280 pour un euro, le billet vert est remonté jusqu'à 1,4095. Le désarroi sur la dette des États-Unis et sur celle de la zone euro faisant quasiment jeu égal, l'évolution du couple euro-dollar devrait rester très volatile tant que des stratégies de sortie de crise ne commenceront pas à se dessiner.

Verdict des agences

Certes, le verdict des grandes agences de notation fait peser une épée de Damoclès sur le dollar, qui ne manquerait pas de s'affaisser sous les coups de boutoir de la spéculation si l'une ou l'autre passait à l'acte en privant les États-Unis de leur prestigieux triple A, l'étalon or dans l'échelle des notations. Mais on n'en est pas là et, entre-temps, Ben Bernanke a mis un peu d'eau dans son vin. Le patron de la Réserve fédérale américaine avait ému les détenteurs de dollars en remettant en cause ses récents diagnostics sur l'économie américaine. Après avoir longtemps assuré que la reprise allait s'accélérer, il a admis devant le Congrès mercredi et jeudi que le coup de froid était plus sérieux qu'anticipé et que l'économie pourrait nécessiter des mesures de soutien supplémentaires. Mais après avoir sous-entendu qu'un nouveau programme d'assouplissement quantitatif, via des achats de titres de dette, pourrait être décidé, quinze jours seulement après le bouclage du « QE2 » de 600 milliards de dollars, Bernanke a pris ses distances avec le projet de QE3 qui lui a été un moment prêté. Il n'empêche que le marché sait désormais que la tentation existe et qu'il va scruter à la loupe tous les indicateurs économiques qui pourraient corroborer son pressentiment d'ici au fameux symposium de Jackson Hole fin août, où le président de la Fed avait l'an dernier révélé son projet de remise en marche de la planche à billets.

Si tel devait être le cas, l'euro ne manquerait alors pas de profiter de son avantage de rendements, puisque cela signifierait aussi que la Fed gèlerait durablement ses taux à un niveau voisin de zéro, tandis que la BCE qui a déjà relevé à deux reprises son taux directeur, pour le porter à 1,5 % début juillet, poursuivrait sa politique de normalisation des conditions de crédit.

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