Les Italiens peu enclins à prêter de l'argent à leur pays ?

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Les Italiens étaient appelés lundi à acheter la dette de leur pays durant une "journée des bons du Trésor". L'initiative ne passionne pas, a priori, les foules. Pourtant le taux de rémunération a de quoi séduire...

Les Italiens étaient appelés lundi à acheter la dette de leur pays, au bord de l'asphyxie financière, durant une "journée des bons du Trésor" afin de redonner "confiance" aux marchés alors que l'hypothèse d'un plan d'aide du Fonds Monétaire International a été démentie.

Bondissant depuis plusieurs mois, les taux d'emprunt de l' Italie évoluent à plus de 7%, comme l'a prouvé l'émission de 567 millions d'euros d'obligations lundi, un niveau jugé insoutenable sur la durée pour la péninsule qui croule sous une dette colossale de 1.900 milliards d'euros (environ 120% de son PIB).
Afin d'inciter les Italiens à soutenir leur pays qui est dans la ligne de mire des marchés, les banques ne font pas payer lundi de commissions aux particuliers et aux entreprises sur l'achat de titres sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.

Aucun chiffre officiel n'était disponible mais cette opération ne semblait pas rencontrer un grand succès.

A la sortie de banques à Milan et à Rome, la plupart des clients interrogés par l'AFP n'étaient pas au courant de cette initiative ou indiquaient ne pas avoir les moyens, en ces temps de crise, d'acheter des titres de dette, un investissement se chiffrant le plus souvent au minimum à 1.000 euros.

"Je m'attendais à beaucoup de mouvement mais pour le moment il n'y a eu aucune demande", a indiqué Francesco Montuori, directeur d'une agence de la banque Intesa Sanpaolo à Rome.

Si l'association des banques italiennes reconnaît que cette opération est "symbolique" --les commissions s'élevant à quelques euros pour 1.000 euros d'investissement--, elle peut être toutefois "une contribution importante pour montrer la confiance que les Italie ns ont en leur propre pays" et "peut aider à améliorer le jugement global des marchés envers l' Italie ".

Ce "BTP Day" a été lancé après l'appel d'un entrepreneur -- qui s'était payé le 5 novembre une pleine page du Corriere della Sera, principal journal du pays -- aux Italie ns pour qu'ils achètent de la dette.

"Concitoyens, amis et frères, rachetons la dette" de l' Italie , avait écrit Giuliano Melani. "Ces dettes c'est nous qui les avons faites. Aucun d'entre nous dans cette histoire ne peut se considérer comme innocent", avait-il rappelé en dénonçant l'incompétence des politiciens, le travail au noir ou l'évasion fiscale qui est massive dans la péninsule.

Outre de nombreux entrepreneurs, l'association des footballeurs soutient l'initiative, signe d'un sursaut d'orgueil dans un pays où le "calcio" est roi. Un nouveau "BTP Day" est prévu le 12 décembre.

Mais l'opération ne fait pas l'unanimité. "BTP Day. Non merci. Nous aimons l' Italie mais nous ne sommes pas prêts à sacrifier les économies d'une vie pour sauver la "caste" (politique), les banquiers et les grands monopoles", a lancé le blogueur spécialisé en finance Paolo Barrai, qui s'est payé dimanche une demi-page dans le journal Libero.

Alors que le pays risque de ne plus trouver de liquidités pour se financer, le Fonds Monétaire International a démenti lundi discuter avec Rome d'un plan de secours après des informations du quotidien La Stampa indiquant que le Fonds pourrait débloquer entre 400 et 600 milliards d'euros.

Face à l'urgence de la situation, le gouvernement de Mario Monti, arrivé au pouvoir il y a deux semaines, devrait adopter en début de semaine prochaine un nouveau tour de vis pour tenir l'objectif de l'équilibre budgétaire en 2013 ainsi que des mesures destinées à relancer une croissance en panne.

Selon la presse, une nouvelle hausse de la TVA, une augmentation de la taxation sur le patrimoine immobilier, un durcissement des conditions de départ en retraite ainsi que des mesures de libéralisation de l'économie et de relance des infrastructures sont examinés.

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