Le moral des dirigeants de PME reste solide

Stable en décembre, le baromètre de confiance « La Tribune »-LCL se maintient encore au-dessus de sa moyenne de longue période.
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Serait-ce le calme avant la tempête ? En hausse depuis septembre, à contre-courant des autres indicateurs conjoncturels en quasi-chute libre, le baromètre « La Tribune »-LCL réalisé par Ipsos est resté stable en décembre. « Malgré les mauvaises nouvelles en rafale, l'indice synthétique qui mesure la confiance des dirigeants de PME reste à 102, comme en novembre. Volontarisme, naïveté ou euphorie d'avant les fêtes ?

En tout cas, ils sont les seuls à adopter une telle posture de résistance », constate Yves Fradier, le responsable des études chez Ipsos. Plusieurs facteurs peuvent être avancés pour expliquer le maintien de cet indice au-dessus de sa moyenne de longue période. D'une part, les carnets de commandes sont encore relativement bien garnis. D'autre part, la demande des ménages, bien que moins dynamique qu'au cours de ces dernières années, reste encore soutenue. Résultat, les chefs d'entreprises se disent satisfaits du niveau de la production, du niveau de l'activité commerciale mais également de celui de la trésorerie. Autre point positif qu'il ne faut pas occulter, les conditions d'accès au crédit bancaire restent encore relativement souples.

Dans un tel environnement, les embauches ont, tout du moins jusqu'ici, relativement dynamiques même si celles-ci n'ont pas été assez nombreuses pour empêcher le taux de chômage de grimper à un niveau inédit depuis la fin 1999 (lire ci-contre). Preuve que les dirigeants comptent encore sur leurs forces vives pour développer leur entreprise, ils ont même prévu d'augmenter leurs salariés ! Interrogés par Latribune.fr sur ce point, les chefs d'entreprises se disent prêts à relever de 4,2 % en moyenne la masse salariale.

Et la suite ? Assez logiquement, c'est le flou le plus total ! La crise de la dette souveraine et ses effets sur la croissance économique des pays de la zone euro déstabilisent les entrepreneurs. Ainsi, ils sont 66 % à s'inquiéter du risque de dégradation de la note de la dette souveraine de la France qui pourrait se traduire par un renchérissement des conditions d'emprunts bancaires.

Prudence et attentisme

Dans ce contexte délicat, les déclarations des responsables politiques sur le thème du « made in France » les séduisent-ils ? En partie seulement. Certes, ils sont 64 % à estimer que produire en France est un atout à l'exportation. Mais dans l'industrie, le secteur principalement visé par les bonnes intentions récentes, ils sont 62 % à penser le contraire. En caricaturant un peu, on pourrait avancer que seuls quelques secteurs (luxe, cosmétique, aéronautique, spatial...) rappellent encore le prestige passé du savoir-faire industriel tricolore.

Malheureusement, peu d'économistes parient actuellement sur une prochaine remontée du baromètre. C'est notamment le cas de Werner Perdrizet chez LCL « La poursuite de la dégradation du climat des affaires devrait inciter les chefs d'entreprises à la prudence et à l'attentisme, ce qui impacterait négativement leurs dépenses. » Il anticipe une croissance négative au dernier trimestre 2011 et une progression du PIB limitée à + 0,2 % en 2012, accompagnée d'une augmentation du taux de chômage à 9,6 % de la population active.

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