"La difficulté du métier d’architecte aujourd’hui ? Tenir"

Pauline Douillac

Pauline Douillac
Le but de cette 2e édition nationale des Architectes ouvrent leurs portes : réhabiliter l'image des architectes. Une profession trop souvent stéréotypée selon les principaux intéressés et qui tente de résister à une conjoncture néfaste.
Les deux jeunes femmes qui dirigent une agence-boutique d'architecture, où l'intéressé passe la porte comme il le ferait dans un magasin, sont pour Eric Wirth, président du Conseil régional de l'Ordre des architectes d'Aquitaine, de dignes représentantes de la jeune génération des architectes qui se pose les bonnes questions. Comment "vulgariser" leur métier ? Comment démocratiser leurs pratiques et montrer que l'architecture n'est pas un luxe ? C'est pourquoi l'équipe d'Archireva, au même titre que 113 autres agences en Aquitaine, accueillera les plus curieux les 12 et 13 juin.
Crise dans la construction dit agences qui ferment ou réduisent la voilure de leurs salariés. Il est de plus en plus difficile pour les jeunes architectes de trouver un emploi salarié et beaucoup se lancent par dépit en indépendant.
Conscient de la chance d'avoir des hommes politiques du calibre d'Alain Juppé, Alain Rousset ou Vincent Feltesse en son temps, qui attirent des grands projets au sein de la métropole bordelaise, Eric Wirth s'étonne et s'inquiète que les grands projets ne profitent pas ou peu aux structures locales. Voyant d'un mauvais œil la compétition entre les 13 grandes métropoles françaises, l'architecte redoute que la métropole bordelaise devienne un aspirateur à financements et projets au détriment des territoires ruraux pour lesquels il se dit inquiet.
Quant aux grands noms, de plus en plus choisis par les collectivités et les entreprises pour leurs projets pour leur capacité de rayonnement ? "Quand on voit le Nouveau Stade et sa réalisation, j'applaudis. Herzog & de Meuron sont aujourd'hui ce qui se fait de mieux en architecture donc je dis bravo pour ce choix. Par contre, quand on privilégie des grands noms pour 30 logements à Brazza ou aux Bassins à flot, je pense que ce n'est pas normal et que nous n'avons pas besoin de ça. L'accès à la commande pour les jeunes est difficile alors que pourtant il ne manque pas de boulot au sein de la métropole. 5 millions de mètres carrés sont en construction ou en projet aujourd'hui."
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Alors que la réforme des marchés publics en cours pourrait aboutir à la suppression du caractère obligatoire du concours comme mode de dévolution de la commande publique, Eric Wirth dit se bagarrer au quotidien, tout comme ses confrères, contre cette mesure. Arguant que le mode de dévolution est envié par nos voisins européens et que sans cela des Jean Nouvel ou autres grands noms de l'architecture issus des concours n'auraient jamais éclos, l'architecte reproche aux politiques de ne pas vivre dans le même monde.
Les organes représentatifs de la profession (Ordre des architectes, Unsfa...) multiplient les contacts avec le gouvernement et le plus haut sommet de l'Etat depuis plusieurs semaines et espèrent être entendus avant que l'ordonnance transposant les directives marchés publics dans son volet législatif n'intervienne cet été et les décrets d'application à la fin de l'année.
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