Aides aux entreprises : « Il n'y a pas de coup d'arrêt sur France 2030 »

Maxime Giraudeau

L'avion biplace d'Elixir Aircraft fait partie des projets soutenus par France 2030.
PC / La Tribune

Maxime Giraudeau

L'avion biplace d'Elixir Aircraft fait partie des projets soutenus par France 2030.
PC / La Tribune
« Il y a des moyens substantiels dans ce programme France 2030 et il n'y a pas de coup d'arrêt. C'est très important qu'il y ait des projets lauréats dans chaque territoire ! » Voilà le message adressé ce 22 octobre lors d'un point presse par le préfet de Nouvelle-Aquitaine Étienne Guyot à destination des entreprises du territoire. L'instabilité politique n'ébranle pas ce vaste programme d'investissement dédié à la décarbonation de l'industrie et à l'émergence de filières stratégiques d'avenir.
Trois ans après le lancement de l'initiative, les services de l'État relancent leur appel à candidature alors qu'une tranche de cinq milliards d'euros issue du plan sera mobilisée en 2025. Jusqu'ici, la Nouvelle-Aquitaine a capté 1,1 milliard d'investissements pour 558 projets retenus. Soit 3 % des montants nationaux versés depuis 2021. Plus de 1.500 entreprises néo-aquitaines ont candidaté en trois ans. Le bilan régional est proche de celui réalisé en Paca (1 milliard pour 428 projets retenus) mais bien derrière l'Occitanie (1,7 milliard pour 728 projets) alors que ces trois zones comptent chacune environ 1,3 million d'entreprises.
La Nouvelle-Aquitaine se démarque à travers son industrie aéronautique qui, dans la perspective du développement de l'avion bas carbone, a reçu près de 130 millions d'euros d'aides. On retrouve dans cette catégorie les projets des constructeurs charentais-maritime Elixir Aircraft et Voltaero ou le démonstrateur de Thalès en Gironde. Le secteur fort est celui de la santé (170 millions pour 43 projets) avec notamment les ambitions de Fine Heart, dans le traitement de l'insuffisance cardiaque, ou de Synapse, positionnée sur la prescription du médicament. Autant de propositions qui veulent contribuer à faire émerger des filières de pointe d'ici la fin de la décennie.
L'autre grand volet du plan vise lui à décarboner les industries existantes. « Les investissements déjà réalisés seulement sur la partie industrie permettent d'arriver à une réduction de 800.000 tonnes de gaz à effet de serre sur la région », chiffre Emmanuel Bejanin, directeur régional délégué de l'Ademe. L'industrie néo-aquitaine est désormais émettrice de 4,8 millions de tonnes de CO2 chaque année.
Les partenaires du programme (Ademe, Bpifrance et Banque des territoires) cherchent désormais leurs prochains lauréats, avec des filières particulières en tête. L'éolien en mer, les biosolutions en agriculture, la réduction de l'usage de l'eau dans l'industrie ou le développement de la fabrication de vélos sont les domaines très attendus.
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Et ça avec une répartition géographique qui soit plus déconcentrée alors que la Gironde a représenté presque la moitié de l'enveloppe régionale en valeur. « Je suis persuadé qu'en Creuse, en Corrèze, on a la possibilité de soutenir d'autres projets », vise le préfet. Le guichet permanent reste donc bien ouvert pour les prétendants.
Maxime Giraudeau