Climat, à Bordeaux la grande région prend sa température

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Françoise Coutant, vice-présidente (EELV) du Conseil régional Aquitaine Limousin Poitou-Charentes (ALPC), en charge de la transition énergétique et du climat, a présenté ce vendredi matin, en compagnie du climatologue Hervé Le Treut, qui s'est fait connaître comme expert auprès du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) à l'Organisation des nations unies (Onu), le nouveau comité scientifique régional AcclimaTerra.
Mercredi 20 janvier, comme l'a rapporté le quotidien Le Monde, aux Etats-Unis la National oceanic and atmospheric administration (NOAA ou Agence océanique et atmosphérique nationale) et la Nasa (National aeronautics and space administration - Agence spatiale et aéronautique nationale) ont confirmé, sur la base des relevés de températures qu'elles effectuent chacune de leur côté, que 2015 était bien l'année la plus chaude depuis le début de la mise en place des mesures, en 1880.
Dernier président de l'ancienne Aquitaine et premier de la nouvelle ALPC, Alain Rousset a lancé le Plan climat aquitain en 2006 puis initié en 2011 la création d'un comité scientifique -le premier de ce type en France-, centré sur l'évolution du climat dans la région. Après deux ans de travaux, ce premier comité, déjà placé sous l'autorité d'Hervé Le Treut, a publié le tout premier rapport en France sur l'évolution climatique d'ici 2050 d'une région, intitulé "Prévoir pour agir - La région Aquitaine anticipe le changement climatique".
Chercheur à l'Institut Pierre Simon Laplace, qu'il dirige, enseignant à l'Ecole polytechnique, à l'université Pierre et Marie Curie ou encore à Normale supérieure, Hervé Le Treut suit l'évolution des nuages plus près de la Seine que de la Garonne, mais c'est aussi un ancien du lycée Montaigne, à Bordeaux, ville où il revient régulièrement.
Elue à la mairie d'Angoulême (Charente), Françoise Coutant a suivi avec attention le déroulement de la COP 21 à Paris.
"Les régions ont désormais la compétence énergie et nous avons toute latitude pour agir. J'ai une formation scientifique, en biologie et en géologie, disciplines que j'ai étudiées à Bordeaux avant d'atterrir à l'Education nationale. Je suis professeur en sciences et vie de la terre dans un collège d'Angoulême et je comprends parfaitement les enjeux du réchauffement", détaille Françoise Coutant.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Françoise Coutant (Alban Gilbert)
Avec la création de la grande région les enjeux changent et deviennent plus compliqués. Parmi d'autres choses, la grande région va ainsi devoir intégrer des îles, des marées et des courants marins qui n'existaient pas en Aquitaine "et dont on n'a pas parlé dans le précédent rapport", observe Hervé Le Treut. La tâche du comité scientifique va principalement consister à synthétiser des travaux scientifiques déjà réalisés, en particulier dans les différentes universités d'ALPC, pour soumettre ensuite des préconisations aux élus.
À lire également
Il faudra au moins deux bonnes années de travail pour aboutir. En attendant, la nouvelle région va se doter, d'ici la fin de l'année 2016, d'une Agence régionale de l'énergie. Françoise Coutant, qui en plus de l'adaptation au dérèglement climatique se préoccupe de la prévention, souligne qu'une mission de préfiguration va tout d'abord coordonner l'action des acteurs concernés par l'énergie dans les trois régions.
Jean-Philippe Déjean