Pour Champeil, les marchés actions vont continuer à grimper

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Dans sa dernière livraison de la "Lettre des gérants", datée de novembre 2017, Axel Champeil, PDG de Champeil Asset Management (CAM), à Bordeaux, se montre optimiste. Non seulement les marchés boursiers ont poursuivi le rebond amorcé en septembre, "pour enregistrer un excellent mois d'octobre" observe-t-elle, mais en plus la célébration du 30ème anniversaire du krach de 1987 "n'est pas venue influencer les investisseurs qui marquent une solide confiance", relève Axel Champeil.
Le risque était d'autant plus réduit que les résultats des entreprises publiés au 3e trimestre sont majoritairement supérieurs aux prévisions, "confirmant la croissance des bénéfices". La fièvre nationaliste catalane n'a pour le moment pas dégénéré en crise politique majeure pour le Royaume d'Espagne et le niveau élevé de l'endettement mondial, sur lequel alerte le Fonds monétaire international (FMI), pourrait de prime abord sembler plus inquiétant.
La "Lettre des gérants" confirme ce sentiment mais temporise, estimant que le risque d'explosion de la dette que ferait courir aux agents publics et privés une remontée brutale des taux d'intérêts est parfaitement identifié et maîtrisé par les banques centrales. Axel Champeil tient cependant à ne pas minimiser les risques et rappelle que le FMI, dont l'analyse pousse plutôt au pessimisme, a lancé une sorte d'avertissement. "Pour se rassurer, l'institution monétaire ne voit pas de choc d'ici 2020/2022" précise ainsi le gérant de portefeuilles.
Le patron de CAM anticipe néanmoins la poursuite de la hausse des marchés actions et même son accélération. Sans doute parce que le pessimisme du FMI est fortement contrebalancé par l'engagement des gouverneurs des banques centrales à ne laisser remonter les taux d'intérêts que de façon très progressive. Sachant que depuis la dernière crise financière "les banques sont bien plus solides".
Spécialiste des marchés actions CAM reste confiant et annonce qu'il se veut sélectif "sur les investissements". Car la stabilité macroéconomique renforce selon le gestionnaire bordelais la pertinence de l'analyse fondamentale, c'est-à-dire l'examen des éléments sous-jacents les plus objectifs de l'entreprise cotée, comme le chiffre d'affaires, la situation financière, etc. Autrement dit l'évolution des titres devient plus rationnelle sur le plan économique et donc plus facilement prévisible.
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D'où une stratégie de rotation des portefeuilles destinée à "certaines valeurs décotées d'entamer un rattrapage", dans un contexte où la "flat tax" du président Macron devrait selon CAM favoriser les investissements en actions.
Jean-Philippe Déjean