"Le secteur de l’assurance ne sortira pas grandi de la cacophonie qui a régné"
Hélène Lerivrain
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LA TRIBUNE - Que répondez-vous à ceux qui estiment que le secteur de l'assurance n'est pas à la hauteur dans le contexte du Covid 19 ?
FRANCK ALLARD - De mon point de vue, les assureurs ont très mal géré l'approche commerciale et technique qui a donné lieu à une cacophonie. Certains en ont profité pour faire du commercial, sans réellement en faire d'ailleurs. Cela n'a fait qu'aggraver les choses et les assureurs, les agents d'assurance et les courtiers sont devenus des boucs émissaires. Le principe dans le monde de l'assurance est d'être tous en concurrence mais il y a des moments où l'on se retrouve pour couvrir des risques très importants sur des contrats collectifs avec ce que que l'on appelle dans les risques d'entreprises les coassurances. Nous avons donc l'occasion de nous parler. Dans cette crise, les assureurs se sont laissés complètement déborder et la Fédération française de l'assurance n'a pas convenablement tenu son rôle de chef d'orchestre. Même s'il est toujours plus facile de le dire à posteriori, je pense qu'il aurait été simple de tenir, dès le départ, un langage de vérité.
Qu'aurait-il été important de rappeler ?
La relation entre un assureur et un assuré est contractuelle à travers un document qui s'appelle un contrat d'assurance. Il est aujourd'hui rédigé de façon relativement claire, avec des garanties et des exclusions. Il s'agit simplement de respecter les contrats.
Il ne devrait donc pas y avoir de débat au sujet de la perte d'exploitation sans dommage ?
Dans la majorité des contrats, le risque de pandémie et d'épidémie est exclu des contrats pour une raison simple : c'est un problème de capacité de marché. Le chiffre d'affaires de l'assurance hors assurance-vie en France s'élève à 60 milliards d'euros or la pandémie est évaluée, en perte d'exploitation, à environ 60 milliards d'euros. Si les assureurs se mettaient à payer une indemnité à toutes les personnes qui ont été touchées par la pandémie, il n'y aurait plus rien ensuite pour payer les accidents automobiles, les incendies d'usine, ou encore les vols. Ce n'est pas pensable, cela empièterait sur les capacités de remboursement futur des assureurs sur les autres sinistres de l'année.
Hélène Lerivrain