Rentrée littéraire : « Blackouts », mausolée pour les queers d’antan
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Justin Torres, écrivain et un universitaire américain.
© LTD / JESSICA LEHRMAN
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Justin Torres, écrivain et un universitaire américain.
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Deux salles, deux ambiances. En France, la littérature hermétique - celle dont le fond s'habille de mystère formel - a été reléguée aux marges, à quelques brillantes exceptions près nommées Pascal Quignard ou Hélène Cixous. Aux États-Unis, elle a été distinguée aux derniers National Book Awards, l'équivalent de notre Goncourt !
Certes, Justin Torres, 44 ans, l'heureux récipiendaire, suscitait une immense attente depuis que son premier roman, Vie animale, lui avait valu d'être traité de prodige par une critique internationale en émoi. Certes, son deuxième roman, le consacré Blackouts, attire d'emblée la sympathie puisqu'il expose de multiples destins d'homosexuels du début du XXe siècle méprisés par l'opinion publique et persécutés par une médecine qui les voyait comme des monstres. Sauf que Blackouts n'est pas tout à fait la collection de témoignages que ce bref résumé laisse augurer. Oui, il y a bien des confessions, mais celles-ci apparaissent sur des rapports de médecins interrogeant divers patients sur leur libido - rapports bien réels, reproduits en anglais, souvent largement censurés.
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Ajoutons 1) que ces documents viennent rythmer un dialogue entre Salvatore dit Nene, jeune homo d'origine portoricaine, et son mentor plus âgé, Juan, jadis rencontré en hôpital psy ; 2) que ce dialogue porte sur des recherches menées par une praticienne pionnière de la cause gay qui furent détournées par ses collègues homophobes ; 3) qu'il peut prendre la forme de récit de films jamais tournés ; 4) que l'ensemble inclut aussi des photos, des poèmes, des extraits de littérature enfantine, et l'on aura une idée de la complexité de l'objet. Pas de son étonnant magnétisme.
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