Sabri Lamouchi, Rudi Garcia ... Ces autres sélectionneurs français à la conquête du Mondial
Didier Deschamps ne sera pas le seul sélectionneur français présent au Mondial. Présentations des autres entraîneurs tricolores, à la tête de sélections plus ou moins attendues.
Didier Deschamps va donc vivre sa quatrième et dernière phase finale comme sélectionneur de l’équipe de France. Lui aussi passé par le milieu de terrain des Bleus, Sabri Lamouchi va vivre sa deuxième Coupe du monde, cette fois avec la Tunisie.
Hervé Renard, qui lui avait succédé en 2014 sur le banc de la Côte d’Ivoire, a bien qualifié l’Arabie saoudite – comme en 2022 –, mais il a été écarté en avril. Restent Rudi Garcia (Belgique), Sébastien Migné (Haïti) et Sébastien Desabre (République démocratique du Congo), qui vivront tous une première à ce niveau.
Il a été l’un des six exfiltrés de Clairefontaine par Aimé Jacquet avant la Coupe du monde 1998. Le milieu international (12 sélections) en a « voulu à la terre entière » et a eu besoin de trois ans pour s’en remettre. Pour son premier poste d’entraîneur, il a qualifié la Côte d’Ivoire au Mondial brésilien en 2014. Il y a eu du bon – une victoire contre le Japon (2-1) – et du moins bon – un but grec à la fin du troisième match de poule synonyme d’élimination.
En janvier, l’ex-joueur d’Auxerre et Monaco a hérité d’un groupe tunisien solide, qualifié sans avoir perdu un match ni encaissé le moindre but. Il a salué le mérite de son prédécesseur, Sami Trabelsi, puis doucement mis sa patte car, a-t-il dit à Fifa.com, « la phase finale sera d’un niveau bien supérieur ».
Rudi Garcia, mission impossible ?
Sa mission ressemble à celle d’un directeur d’Ehpad : accompagner une génération déclinante vers la plus belle sortie possible. Les Belges, fringants demi-finalistes de la Coupe du monde 2018, sont sortis au premier tour quatre ans plus tard, puis en huitièmes de finale de l’Euro 2024. Qualifiés au dernier jour, en novembre, les Diables rouges ont perdu leur éclat. Il reste quelques noms clinquants (Thibaut Courtois, Kevin De Bruyne), mais qui semblent coincés dans le passé, mal digéré.
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Rien qui concerne Rudi Garcia, en poste depuis janvier 2025 et qui a oxygéné son groupe, confiant le brassard à Youri Tielemans. Le technicien de 62 ans est un fin gestionnaire des hommes. Mais que peut-il vraiment pour un groupe qui semble toujours regretter, quatre ans plus tard, de ne pas avoir obtenu la nomination de Thierry Henry ?
Sébastien Migné, l’heure à l’opération séduction
Trente ans à jouer les seconds rôles, cela prépare-t-il au haut de l’affiche ? L’ancien adjoint de Claude Le Roy a pris en main Haïti en 2024 et a qualifié l’île caribéenne pour sa deuxième phase finale après 1974. L’homme de terrain vendéen a passé deux ans à tenter de rallier des binationaux susceptibles de renforcer son groupe. Il a réussi avec Jean-Ricner Bellegarde (Wolverhampton) et Wilson Isidor (Sunderland) ; échoué auprès d’Odsonne Édouard (Lens).
L’opération séduction a été sa principale occupation. Le reste du temps, il s’attache à obtenir de meilleures conditions de voyage, d’hébergement. Ce travail « de longue haleine » n’est pas ce que préfère le quinquagénaire. La quête d’un point dans le groupe du Brésil et du Maroc l’anime davantage. Il rêve tout haut d’un 16e de finale. Et, dans tous les cas, de faire du Mondial « une formidable vitrine » pour ce pays déchiré par une guerre civile.
Sébastien Desabre, une question de foi
Bulle sanitaire, match amical annulé, mesures restrictives… La préparation de la République démocratique du Congo est perturbée par l’épidémie d’Ebola qui, pourtant, ne concerne que des membres du staff. Tous les joueurs retenus par Sébastien Desabre jouent en Europe. « On a l’habitude de s’adapter », tempère le Drômois, 49 ans, qui vit dans l’agitation depuis des mois. Entre la fin des qualifications, la Coupe d’Afrique des nations jusqu’en huitièmes de finale, puis le barrage intercontinental gagné en mars contre la Jamaïque (1-0) alors que « pas grand monde n’y croyait », le calendrier a été chargé.
Mercredi contre le Danemark (0-0), en amical, il a senti « un peu de crispation », mais aussi des joueurs « extrêmement soudés ». Un atout suffisant pour déstabiliser l’outsider portugais, privé de Cristiano Ronaldo, le 17 juin à Houston ?