Forum économique de la CCI : "Il ne faut pas opposer nouvelle et ancienne économie ! "
Aurélie Selvi
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L'économie "traditionnelle" pèse encore lourd dans le PIB de nos sociétés européennes. La nouvelle économie est-elle un mythe ? Faut-il opposer "nouvelle" et "ancienne" économies ?
JEAN-HERVE LORENZI : Non, la nouvelle économie n'est pas un mythe. La réalité, c'est qu'elle pèse entre 5 et 10% du PIB selon les pays. Son influence est immense mais les emplois qui y sont directement attachés - aux GAFA, par exemple - sont en fait assez limités. Quant à savoir s'il faut opposer "ancienne" et "nouvelle" économie, bien sûr que non ! La caractéristique de la nouvelle économie, c'est d'utiliser des technologies qui sont productrices d'efficacité et de changement de comportements, aussi bien pour les consommateurs que pour les producteurs.
PHILIPPE ROBARDEY : La nouvelle économie émerge de la diffusion des technologies et se réinvente chaque jour. Mais je ne crois pas, en effet, qu'on puisse opposer fondamentalement nouvelle et ancienne. Les secteurs des services, financiers et bancaires, les assurances, les compagnies aériennes, l'immobilier, etc. ne sont pas à l'arrêt. La "nouvelle" économie, de son côté, fait naître de nouveaux acteurs et de nouveaux usages. Nouvelle et ancienne économie fonctionnent très bien en synergie. Les entreprises qui choisissent de s'adapter ont un champ des possibles immense face à elles.
Ubérisation, objets connectés, livraisons par drones... Les usages se modifient très rapidement. L'innovation disruptive ne rend-t-elle pas les business model plus périssables ?
JEAN-HERVE LORENZI : Je ne crois pas du tout. Les modèles de distribution sont en train de changer, mais les biens et services qui sont fournis restent les mêmes ! Une chambre d'hôtel reste une chambre d'hôtel, un repas reste un repas, les voitures demeurent, pour le moment, très proches de ce qu'elles étaient par le passé. Il n'y a pas de transformation des biens et services. En revanche, on constate des transformations extrêmement profondes des modes de distribution et de commercialisation. C'est cela qui change, pas la nature même de la consommation des individus... pour le moment.
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