La gare Toulouse Matabiau, après six années de travaux, a été inaugurée ce mardi 5 septembre. Classée pire gare de France quelques mois plus tôt, la SNCF et les collectivités locales espèrent tripler son trafic passagers dans le futur avec les travaux réalisés. Pour comprendre les enjeux de cette opération, La Tribune a interrogé Dominique Lecluse, le directeur du projet de la rénovation de la gare toulousaine. Rencontre.
La Tribune - La gare Toulouse Matabiau a été classée, il y a quelques semaines, comme la pire gare de France par ses usagers. La grande opération de rénovation qui s'achève ce mardi 5 septembre avec l'inauguration de cette gare rafraîchie est-elle l'explication ?
Dominique Lecluse - La mauvaise note est surtout liée au fait que nous avons gelé 80% de la gare depuis 18 mois. De plus, les travaux de rénovation ont commencé au sein de Toulouse Matabiau depuis mars 2021. Mais grâce à ce gel de la gare, nous avons gagné six mois sur le planning des travaux. L'idée était d'être prêt pour la Coupe du Monde de rugby, qui est un événement très attendu à Toulouse et qui va probablement attirer beaucoup de voyageurs. Nous avons donc fait le choix de laisser peu de places aux usagers pendant une période limitée.
Quels étaient les enjeux d'une telle opération d'envergure pour la gare centrale de Toulouse ? Était-elle hors de son temps ?
C'est une gare qui date de 1856 et qui a été totalement redimensionné en 1905, puis qui a évolué au fil du 20ème siècle. C'est une gare où il y avait beaucoup à faire pour la rendre agréable pour l'usager. Il y a eu tout d'abord un travail sur l'intermodalité avec notamment une signalétique multimodale avec tous les modes de transport disponibles et leurs heures de départ. Nous sommes également passés sur des écrans de 7m2 pour l'information voyageurs contre 2m2 auparavant. Les couloirs ont été élargis, des ascenseurs ont été installés, tout comme 170 places assises accompagnées de prises électriques et USB.