Incubateurs : "quand un projet est mauvais, il faut le dire aux startups"

Sophie Arutunian
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sophie Arutunian
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Est-ce que l'IoT Valley ressemble à EuraTechnologies ?
Non, pas en apparence, ce qui m'a d'ailleurs un peu dérouté ! EuraTechnologies est implanté dans un quartier populaire de Lille, dans une ancienne usine textile. Visuellement, ça n'a rien à voir. Néanmoins, en rentrant dans l'IoT Valley à Labège, on retrouve une composante commune : plein de jeunes gens qui ont envie de changer le monde.
EuraTechnologies évolue également dans des proportions différentes, avec 150 entreprises hébergées. Décrivez-nous cet écosystème...
EuraTechnologies a commencé en 2009. Elle héberge aujourd'hui 150 entreprises. 50 projets sont incubés chaque année, 3 500 personnes y travaillent et 60 000 visiteurs, venus de 60 pays, y sont venus. C'est un écosystème complet, avec des petites, des moyennes et des grosses entreprises. Il y aussi des gens de la recherche, de l'enseignement supérieur. Nous travaillons sur le retail, la santé, le transport, l'assurance, la banque... et de façon plus transversale sur l'IoT et le big data.
Implanter un incubateur dans une friche industrielle, où le taux de chômage était élevé, c'était un vrai risque ?
Nous avons clairement bousculé l'écosystème local à Lille. Mais on a aussi rajeuni l'image du Nord, empêtré dans ses clichés (peu de dynamisme, grisaille...). Ce que l'on fait avec le numérique, c'est difficile, car nous devons changer le "mindset", l'état d'esprit des gens, localement. Est-ce naturel de créer une startup à Toulouse ? À Lille, en tout cas, ça ne l'était pas... Mais on prouve que l'on peut réinventer l'économie en se basant sur ce que l'on a de plus cher, à savoir les talents et la ressource humaine.
N'est-ce pas un peu cliché de dire cela ?
À lire également
Je sais que je donne l'impression d'enfoncer une porte ouverte, mais c'est pourtant vrai. Je vois la même chose à Toulouse : des gens qui y croient et qui vont y arriver, car tout ne dépend que de cela. Combien de nos startups seront demain des entreprises à succès engendrant des milliards d'euros de chiffre d'affaires ? Probablement pas beaucoup. Mais l'espace d'un temps, nous aurons aidé des gens à réaliser leur volonté : être entrepreneur. II en restera forcément quelque chose. C'est dur de monter son entreprise, on devrait ériger des statues et donner des médailles aux startuppers.
Sophie Arutunian
À Toulouse, la French Tech revoit sa copie et veut gagner des adhérents
Christian Picollet (Safran) succède à Magali Vaissière à la tête de l'IRT Saint-Exupéry
Rugby à 13 : « Mon challenge est de professionnaliser le club » (Olivier Dubois, nouveau président du Toulouse Olympique XIII)
Enfouissement de CO2 : un Toulousain dans le giga-projet norvégien