Booster l'entrepreneuriat, est-ce le meilleur moyen pour créer l'emploi ? Si la réponse paraît simple, il faut pourtant y penser davantage. La question a été soulevée par le public lors d'une plénière consacrée à « propulser les entreprises pour la création de valeur » pendant la semaine économique de la méditerranée qui a eu lieu du 2 au 4 novembre à Marseille. Les intervenants estimaient, dans une sorte d'unanimité spontanée, qu'il faudra miser sur les entrepreneurs et surtout les innovants d'entre eux, et que « l'ancienne génération » devrait l'appuyer par son expérience tout en faisant confiance à son ingéniosité. Rien de plus classique.
C'est à ce moment que Salvatore Nigro, vice-président et chef de la direction - Europe à « l'éducation pour l'emploi » - Global (EFE-Global) lève la main.
L'expert illustre avec un exemple frappant. Les deux entrepreneurs "modèles" dans la planète sont Steve Jobs et Bill Gates. Après des années de travail et des dizaines, voire des centaines d'idées innovantes, les deux entreprises n'emploient que 100 à 120 milles personnes. Autrement dit, il va falloir créer, d'ici 2030, plus d'un millier de Microsoft et d'Apple. « Réaliser l'objectif de créer tous ces emplois va être extrêmement coûteux, pour ne pas dire impossible », estime-t-il.
Pour ce jeune dirigeant italien, le plus adéquat est de soutenir des entreprises qui existent déjà. « Je trouve qu'il est beaucoup plus évident de soutenir des entreprises qui existent déjà et qui n'arrivent pas à employer plus de 5 à 10 employés. Elles constituent entre 80 % et 90 % du tissu économique de la région MENA. Elles connaissent déjà les canaux pour obtenir un crédit et ont déjà une connaissance du terrain », estime-t-il. Tony Bury, fondateur et PDG de Mowgli Foundation, une structure qui soutient les entrepreneurs dans la région, est d'accord. « Cet effort pourrait également être dirigé aux entreprises familiales qui sont très répandus dans la région », ajoute-t-il.
Ces paroles n'ont pas réussi à convaincre Mondher Khanfir. Le co-fondateur et PDG de Wiki Startup, un incubateur tunisien privé, trouve que c'est une façon obsolète d'approcher cette problématique.
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