100 millions d’euros pour Sigfox, la plus grosse levée de fonds d’Europe

Emmanuelle Durand-Rodriguez

Emmanuelle Durand-Rodriguez
Sigfox, qui n'a que 4 ans, rejoint Deezer dans la très short-list des entreprises française capables de lever 100 millions d'euros. En 2014, Blablacar avait certes levé 100 millions... mais en dollars.
L'annonce de la levée de fonds aujourd'hui à Paris est donc une date majeure pour l'entreprise fondée en 2011 par Ludovic Le Moan et Christophe Fourtet. Cette opération légitime en effet la technologie et les ambitions de Sigfox qui va ainsi pouvoir mener à bien ses trois objectifs : déployer son réseau au niveau mondial, multiplier les contrats avec les industriels dans le domaine de l'internet des objets (IoT) et préparer son entrée au Nasdaq en 2016.
- Trois opérateurs télécoms : NTT Docomo (opérateur mobile numéro un du marché au Japon), SK Telecom (opérateur de téléphonie mobile sud-coréen) et Telefonica (Espagne).
- Trois industriels : Air Liquide, GDF Suez et Eutelsat.
- Un fonds d'investissement : l'américain Elliott Management Corporation, le fonds d'investissements américain basé à New York.
Ludovic Le Moan et Anne Lauvergeon, qui refusent de détailler la répartition de l'actionnariat et le montant des participations, précisent qu'il n'y a pas d'actionnaire dominant. L'entreprise ne devient pas brutalement ni américaine, ni asiatique, pas plus qu'elle n'est entre les mains d'un opérateur télécoms ou d'un industriel.
Le capital reste majoritairement français, même si Ludovic Le Moan précise que "Sigfox est désormais une entreprise européenne qui vise un rayonnement mondial". À noter que tous les investisseurs historiques de l'entreprise (Intel Capital, BPIFrance, Elaia Partners, Partech Ventures International et iXO Private Equity, IDInvest) restent dans l'actionnariat. BPIFrance confirme son soutien à l'entreprise en souscrivant un montant important sur cette opération.
3 opérateurs étrangers mais pas d'opérateur français ? "Je considère qu'Orange aurait dû légitimement participer à cette opération", affirme le chef d'entreprise toulousain. En janvier, Stéphane Richard, le PDG d'Orange avait considéré comme stratégique le développement dans l'internet des objets tout en estimant que le réseau Sigfox n'apparaissait "pas nécessaire à court terme". "Nous sommes en train de prouver le contraire", ajoute Ludovic Le Moan.
GDF Suez et Air Liquide font également leur entrée au capital de Sigfox.
Eutelsat est le troisième actionnaire industriel qui souhaite prolonger la couverture terrestre de Sigfox par une connexion satellitaire en s'appuyant sur le même protocole.
Sigfox va financer son développement en Amérique du nord et préparer son entrée au Nasdaq en 2016. L'été dernier, la FCC, l'autorité de régulation des télécoms américaine, a autorisé Sigfox à déployer son réseau et l'entreprise vise "une couverture significative du territoire américain" qui devrait être facilitée par les investisseurs américains Elliott Management Corporation et Intel Capital (entré au capital en 2012). L'entreprise vise aussi le Canada ainsi que, grâce à Telefonica, l'Amérique centrale et l'Amérique latine. Aujourd'hui, seule une présence en Afrique manque dans le déploiement de Sigfox mais des discussions sont en cours.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Ludovic Le Moan le reconnaît, l'opération a été "très compliquée".
À lire également
Déjà présent dans la Silicon Valley, Sigfox va créer un bureau sur la côte Est ainsi qu'en Asie, notamment à Singapour. L'entreprise doit aussi s'installer dans plusieurs pays européens et embaucher autour de 150 personnes dans les deux ans à venir.
À Labège, Ludovic Le Moan souhaite continuer à développer la Tic Valley qu'il a créée en 2012 pour accélérer le développement des start-up du numérique. "Je souhaite désormais qu'autour de Sigfox se crée une véritable IoT Valley. J'espère attirer d'autres industriels pour développer un écosystème des objets connectés."
Emmanuelle Durand-Rodriguez
À Toulouse, la French Tech revoit sa copie et veut gagner des adhérents
Christian Picollet (Safran) succède à Magali Vaissière à la tête de l'IRT Saint-Exupéry
Rugby à 13 : « Mon challenge est de professionnaliser le club » (Olivier Dubois, nouveau président du Toulouse Olympique XIII)
Enfouissement de CO2 : un Toulousain dans le giga-projet norvégien