Chez Ecocert, "le bio n'est pas juste un produit sans pesticide, c'est un écosystème"

Propos recueillis par Sophie Arutunian
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Avec (seulement) 50 millions d'euros de CA, Ecocert est leader de la certification bio au niveau mondial. Cela traduit-il un marché très restreint ?
En effet. La bio, malgré sa progression constante au fil des années, est un marché de niche. On en parle beaucoup mais cela représente 5 % de l'agroalimentaire mondial. La certification étant aussi un métier de niche (il y a seulement quelques très grands acteurs connus tels que Bureau Veritas ou SGS), donc je vous laisse imaginer : un métier de niche dans un secteur de niche fait qu'Ecocert est leader mondial avec 50 millions d'euros de CA. Néanmoins, la bio représente une solution d'avenir pour nos agriculteurs et un moyen pour eux de vivre décemment de leurs productions.
C'est un marché en pleine croissance et c'est assez visible : il y en a de plus en plus dans les rayons, c'est tout à fait notable, notamment sur les deux dernières années où l'on a ressenti une plus grande conversion d'agriculteurs au bio. En plus, il y a une vraie tendance de fond des consommateurs qui souhaitent plus de qualité dans leur assiette et dans leur alimentation.
Les produits bio se multiplient, notamment en grande surface, suscitant la méfiance des consommateurs. Peut-on avoir confiance dans les labels bio ?
Oui. Il existe en France et en Europe tout un système de contrôle "qui part de la fourche du champs jusqu'à l'assiette", un système assez bien rodé, qui est selon moi le meilleur système de contrôle qui existe. Les producteurs comme les industriels s'y soumettent volontiers dans une démarche d'amélioration continue. Nous avons plusieurs concurrents en France que je respecte beaucoup, et en tant que consommateur de produits bio, j'achète en toute confiance.
Le bio est d'ailleurs beaucoup plus contrôlé que ce qui n'est pas bio, c'est un paradoxe ! Les agriculteurs n'utilisant pas de produits toxiques sont plus contrôlés que les autres...
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Pour vous, le bio ne concerne pas seulement les composants d'un produit mais la façon dont il est fabriqué, c'est-à-dire ?
Souvent, les gens ne comprennent pas que la bio est avant tout un système, un modèle économique alternatif d'agriculture. On a trop souvent tendance à réduire un produit bio à un produit sans pesticides, or, il peut arriver qu'un produit bio ait des résidus de pesticides, mais il y a des limites beaucoup plus exigeantes dans la bio. En cas de résidus dans un produit bio, il va y avoir des investigations pour essayer de savoir d'où vient cette contamination : si c'est une contamination fortuite ou si c'est une fraude. Mais surtout, il y a d'autres principes dans l'agriculture bio comme le lien au sol, la rotation des cultures et tout un tas de principes très importants qui font une agriculture beaucoup plus respectueuse de l'environnement, de la nature, de la biodiversité.
Propos recueillis par Sophie Arutunian
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