Satellites : quel modèle économique pour la constellation OneWeb ?

Sophie Arutunian
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OneWeb, société américaine fondée par Greg Wyler, va opérer la constellation OneWeb Satellites à partir de 2018 et dont une partie des engins sont fabriqués à Toulouse. Quel est votre modèle économique ?
Nous allons permettre à des milliards de personne d'avoir accès de la connectivité. Aujourd'hui l'Union internationale des télécommunications (l'institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l'information et de la communication, NDLR) dit que 4 milliards de personnes n'ont pas d'accès à internet ou un accès très faible. OneWeb va leur permettre d'avoir un accès à la connectivité et donc à la connaissance, et au business. Ce n'est pas nous qui allons les démarcher directement. Parce-que -soyons sérieux- à terme nous serons peut-être 600 salariés au total chez OneWeb, et même si nous sommes 2 000 ou 10 000, ce n'est pas avec nos petits bras que l'on va être capables d'adresser 4 milliards de personnes dans 223 pays. Donc, nos clients seront les opérateurs et fournisseurs de service internet. On leur apporte la capacité d'étendre leur couverture, cela leur permet d'avoir plus de clients et cela nous apporte du business.
Avez-vous des clients ?
Nous avons annoncé il y a trois semaines un accord avec Alaska Telecom. Ils sont très au nord, il est très difficile pour eux de se connecter, ils sont donc très intéressés. C'est l'avantage des orbites basses : ils auront rapidement une bonne couverture sans que nous ayons encore déployé tous les satellites. Nous sommes en discussion avec beaucoup de monde mais n'avons pas encore communiqué sur ce point.
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Pourquoi OneWeb dessert mieux les pôles que d'autres satellites?
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La constellation OneWeb Satellite sera en orbite basse, à environ 1 200km de la terre, ce qui permet aux satellites de passer devant les pôles. Ce n'est pas le cas des satellites en orbite moyenne comme les satellites de navigation GPS, et encore moins le cas pour les satellites géostationnaires, à 36 000km de la terre, qui ne peuvent couvrir qu'un tiers du globe. Par ailleurs, le deuxième avantage de l'orbite basse est la latence -le délai du signal entre la terre et la terre en passant par le satellite- qui est très courte.
Sophie Arutunian