Qui est vraiment Georges Méric, nouveau président du Conseil départemental de la Haute-Garonne ?

Alexandre Léoty

Alexandre Léoty
Il a été élu cet après-midi. Georges Méric, 67 ans, est officiellement le nouveau président du Conseil départemental de la Haute-Garonne. Une consécration pour celui qui a été élevé dans la marmite de la politique. Après son grand-père, qui faisait partie de la garde rapprochée de Jean Jaurès, c'est son père, André Méric, secrétaire d'État aux Anciens combattants sous François Mitterrand, qui lui a ouvert la voie.
Simple militant du Parti Socialiste durant sa jeunesse, Georges Méric s'est engagé plus concrètement en 1983, en prenant les rênes de la ville de Nailloux. Un choix dicté par la volonté de ce médecin de campagne d'agir dans la proximité, au service des habitants du Lauragais. "C'est un humaniste, profondément attaché aux valeurs de solidarité", estime Claude Raynal, maire de Tournefeuille et sénateur de la Haute-Garonne, qui le côtoie depuis trente ans. "Il a de fortes valeurs humanistes", confirme celui qui est pourtant un opposant, Jean-Marc Dumoulin, candidat UDI malheureux dans le canton de Villemur-sur-Tarn.
Entre les deux élus, une relation dépassant les clivages politiques s'était nouée. "Izard répétait d'ailleurs toujours : 'C'est Dumoulin-Méric, Méric-Dumoulin'", raconte encore Jean-Marc Dumoulin.
Entré en 1988 au Conseil général de la Haute-Garonne, Georges Méric n'a pas toujours eu des relations faciles avec Pierre Izard, issu tout comme lui du Lauragais, dont la gouvernance était parfois jugée autoritaire, y compris dans son camp.
En 2011, avec Claude Raynal, Alain Fillola et Jean-Raymond Lépinay, Georges Méric avait ainsi adressé un courrier au président du Conseil général d'alors pour "dénoncer le mode de gouvernance" de l'institution départementale. Il sera ensuite rétrogradé de vice-président à président de commission.
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Aujourd'hui, Georges Méric ne nourrit pas de rancœur à l'égard du président sortant. Décrit par les militants PS comme quelqu'un de "posé et de réfléchi", il soutient le bilan de son prédécesseur, tout en prônant une évolution dans le mode de gouvernance de l'assemblée départementale.
En sera-t-il un lui-même ?
Reste certaines qualités qui lui sont reconnues : l'écoute et l'ouverture. Mais aussi le caractère. "Il en a", assure le socialiste Jean-Jacques Mirassou, qui, après avoir été élu dimanche dernier dans le canton de Toulouse 9, s'est retiré de la course à la présidence quand il a "réalisé que ça devenait une mission quasi-impossible".
Georges Méric, ça fait "quarante ans" qu'il le fréquente. "C'est un camarade, c'est un collègue et c'est un confrère, puisque je suis chirurgien-dentiste et lui médecin !, s'amuse-t-il. Je pense qu'il aura la sagesse de s'entourer de quelques élus qui ont de l'expérience, tout comme lui."
Autres qualités du nouvel homme fort du département : il est "pragmatique" et "rassembleur", selon Jean-Marc Dumoulin. Claude Raynal acquiesce :
Car l'homme "sait déléguer", assure Michel Dutech. Proche de Georges Méric depuis 35 ans, le socialiste connaît son sujet. Avant de lui succéder à la mairie de Nailloux, il a été son associé au sein d'un cabinet médical. "En travaillant ensemble sept jours sur sept et parfois 24/24 heures, nous avons partagé beaucoup de choses", confie l'élu.
Le principal combat du nouveau président du Conseil départemental ? "La laïcité, répond sans hésiter Michel Dutech. L'assemblée départementale, sous sa houlette, va très probablement s'engager sur ce sujet."
Une analyse partagée par Jean-Luc Moudenc :
Georges Méric, qui gère plusieurs sociétés immobilières, est lui-même chef d'entreprise.
En tant que président du Syndicat mixte du Pays Lauragais, Georges Méric a longtemps travaillé au développement d'un dialogue entre les différentes composantes du département. "Il faut s'attaquer au problème de la territorialité, favoriser l'unité du département plutôt que sa partition", nous confiait-il récemment. Pour Claude Raynal, le Naillousain est résolument l'homme de la situation :
Une interrogation reste cependant centrale pour Jean-Luc Moudenc : "Georges Méric acceptera-t-il de travailler de façon très ouverte ou se recroquevillera-t-il sur le système socialiste départemental ?" Jean-Jacques Mirassou pose la question autrement : "J'espère qu'il aura les épaules pour gérer le rapport de force avec la métropole."
Mais qui est l'homme derrière la personnalité politique ? Là encore, c'est en écoutant son ami Michel Dutech qu'on en apprend le plus sur Georges Méric. "C'est un véritable passionné de poésie. Il a soif de culture. Quand il s'accroche à quelque chose, il se donne les moyens d'atteindre l'excellence."
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Et quand il ne s'adonne pas à ses autres passions - la voile et la photographie -, le nouveau président du Conseil départemental haut-garonnais nourrit sa curiosité pour l'Histoire et l'architecture. "Cela aurait d'ailleurs pu être l'un de ses métiers", assure Michel Dutech, qui vante la fidélité amicale de Georges Méric. Tout comme l'UDI Jean-Marc Dumoulin, d'ailleurs. "C'est un homme fidèle, assure-t-il. Il est le premier à me téléphoner pour me féliciter lorsque je remporte une élection."
Alexandre Léoty
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