La BCE allège les pressions sur les taux et sur l'euro

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La BCE a donné un répit aux marchés obligataires et à l'euro. Mais la situation des taux longs et de la monnaie unique reste très précaire.

Le vent mauvais qui soufflait sur le marché obligataire de la zone euro et sur sa monnaie a-t-il tourné ? Le coup de pouce donné jeudi aux banques par la BCE avec l'ajournement du retrait de ses mesures non conventionnelles d'octroi de liquidités et la poursuite de son programme d'achats d'emprunts d'État a d'abord donné un répit bienvenu aux rendements à long terme, qui étaient au bord de la crise de nerfs. La BCE aurait été très active au cours des trois derniers jours de la semaine, achetant entre 3,5 et 5 milliards d'euros de dette portugaise et irlandaise et dans une moindre mesure grecque, selon les estimations de Patrick Jacq, stratège obligataire de BNP, après en avoir acquis 1,348 milliard la semaine précédente. Le résultat est spectaculaire : le taux des emprunts d'État portugais à 10 ans a cédé 118 points de base en deux jours, pour retomber à 5,80 % vendredi et celui des titres irlandais de même échéance 125 points à 8,16 %. Nouvellement attaqués, les taux espagnols à 10 ans sont revenus de 5,67 % à 4,95 %.

Dynamique propre du dollar

La détente obligataire a redonné de l'oxygène à l'euro, lui permettant de rebondir d'un point bas de 1,2970 dollar en milieu de semaine dernière à plus de 1,34 à la veille du week-end. Un mouvement facilité par le rapport sur l'emploi aux États-Unis en novembre. Détestable aux yeux des acteurs du marché des changes qui avaient déduit des dernières statistiques américaines favorables qu'elles allaient contribuer à une poursuite de l'amélioration de la situation du marché du travail. Las, l'économie américaine n'a cré que 39.000 emplois le mois dernier contre 172.000 en octobre, sur fond de remontée du taux de chômage de 9,6 % à 9,8 %.

Mais le rebond des marchés obligataires reste précaire et celui de l'euro encore davantage. Pour Nordine Naam, stratège de Natixis, la monnaie unique a peu de chances de rebondir significativement comme après la crise grecque, d'abord parce qu'elle n'est pas survendue comme durant le premier semestre, que si les incertitudes européennes ont diminué, elles n'ont pas complètement disparu et surtout que le dollar a retrouvé une dynamique propre malgré l'accident de parcours de vendredi. Selon l'enquête menée la semaine dernière par l'agence Reuters auprès de 60 analystes chartistes, l'euro ne pourra pas récupérer l'an prochain les pertes accusées récemment face au dollar : la moyenne de leurs prévisions situe l'euro à 1,31 dollar en décembre 2011, contre 1,33 lors de la précédente enquête.

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