Politique économique : « Si j'étais François Baroin... »

En ces temps de crise, quatre économistes ont accepté d'enfiler le costume du ministre de l'Économie. Bilan : la rigueur s'impose, mais elle n'empêche pas d'ouvrir des chantiers importants.
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C'est un baptême du feu particulièrement délicat que subira, ce jeudi à Bruxelles, François Baroin, le ministre de l'Économie. Le Conseil européen extraordinaire pourrait tout simplement décider de l'avenir de la Grèce et de celui de la zone euro. Portée par le tout récent successeur de Christine Lagarde, la voix de la France sera importante. Elle le sera tout au long des prochaines négociations internationales.

Par défi (ou par jeu), quatre économistes ont accepté d'enfiler le costume de François Baroin et de dresser ce qui pourrait - devrait - être sa feuille de route d'ici à la fin du quinquennat en matière de politique économique intérieure et internationale.

Sans surprise, c'est sous le signe de la rigueur que devrait être placée la politique économique hexagonale. Fort de son expérience acquise en tant que ministre du Budget, François Baroin sait qu'il dispose de moyens limités pour conforter la reprise. Valérie Pécresse, qui l'a remplacé à son poste, sera là pour lui rappeler le cas échéant. Il n'est donc pas question de faire de fausses promesses aux ménages et aux chefs d'entreprise, les futurs électeurs. « La France est sous surveillance. Parce qu'ils étaient moins rigoureux qu'ils n'auraient dû l'être, les projets de loi de finances 2010 et 2011 n'avaient pas été appréciés par les marchés. Dès leur présentation, la prime de risque des emprunts français avait bondi, renchérissant pendant un temps les charges de la dette et alourdissant davantage le déficit », explique Karine Berger chez EcoMining. « Étant donné les inquiétudes actuelles sur les marchés, il est impératif de donner des gages de sérieux sur ce point », poursuit l'économiste.

Toutefois, au regard de l'éventail des propositions des économistes interrogés par « La Tribune », une certaine dose de volontarisme est envisageable, notamment en matière fiscale. Dans ce domaine, la chasse aux niches aux rendements faibles et aux coûts élevés devrait être relancée. Tant pis si les effets des mesures prises ne sont pas visibles avant l'élection présidentielle. « À ce poste, on doit prendre de la hauteur et préparer l'avenir économique de la France », estime Karine Berger.

Dans le domaine international, aidé par Xavier Musca, l'ancien directeur du Trésor aujourd'hui secrétaire général de la présidence de la République, François Baroin a aussi quelques marges de manoeuvre. « Pour tenter de résoudre la crise financière qui secoue la zone euro, la France peut par exemple convaincre ses partenaires d'utiliser les fonds structurels européens pour non seulement réduire le taux d'endettement des pays du Sud mais aussi pour les aider à transformer leurs modèle économiques », détaille Philippe Aghion, professeur d'économie à Harvard et à l'École d'économie de Paris. Nicolas Bouzou, le fondateur du cabinet Asterès, est plus radical : « Il faut dévaluer l'euro » pour que les industries des pays du Sud, dont la France, retrouvent leur compétitivité. Pas sûr que François Baroin ait beaucoup de pouvoir sur un tel sujet...

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