Londres veut priver de droit d'asile les migrants traversant la Manche

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La ministre britannique de l'interieur, suella braverman[reuters.com]
(Crédits : Maja Smiejkowska)

BIRMINGHAM, Angleterre (Reuters) - La ministre britannique de l'Intérieur, Suella Braverman, va proposer mardi de durcir la législation pour interdire aux migrants qui traversent illégalement la Manche de demander l'asile au Royaume-Uni et faciliter leur expulsion, a-t-on appris de source gouvernementale.

La secrétaire au Home Office va faire ces propositions lors de la conférence annuelle du Parti conservateur, alors que la Première ministre Liz Truss est sous pression pour répondre à l'augmentation du nombre de personnes qui traversent la Manche, malgré l'accord conclu par le gouvernement de Boris Johnson avec le Rwanda pour les expulser.

Plus de 30.000 migrants ont rallié les côtes britanniques depuis le début de l'année, soit davantage qu'en 2021 qui avait pourtant été une année record.

Suella Braverman, née de parents d'origine indienne arrivés au Royaume-Uni du Kenya et de l'île Maurice dans les années 1960, va souligner devant les délégués conservateurs que le Royaume-Uni "continuera de tendre une main amicale à ceux qui en ont vraiment besoin", selon des extraits de son discours.

"Une partie du système (d'asile) ne fonctionne pas", va-t-elle cependant ajouter. "Nous devons mettre fin aux abus et réduire le nombre (de migrants) qui ne répondent pas aux besoins de notre économie."

La ministre de l'Intérieur va demander au Parlement de lui octroyer pour cela de nouveaux pouvoirs, qui reviendront à interdire à quiconque entre illégalement au Royaume-Uni de demander à y bénéficier du statut de réfugié, a dit la source gouvernementale.

Boris Johnson espérait que l'accord conclu avec le Rwanda pour y déporter les migrants clandestins suffirait à décourager les traversées de la Manche en bateau pneumatique, mais c'est exactement l'inverse qui s'est passé, avec un record d'arrivées sur les plages anglaises cet été.

Le premier vol vers le Rwanda a en outre été cloué au sol au mois de juin après une injonction de dernière minute de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), tandis que l'accord a été vivement critiqué par l'Onu comme par l'Eglise anglicane qui l'a jugé "immoral".

Suella Braverman va demander aux députés que la politique migratoire du gouvernement ne soit pas entravée par le "recours abusif" aux lois sur l'esclavage moderne, au Human Rights Act (la loi de 1998 qui a permis l'incorporation de la Convention européenne des droits de l'homme dans le droit britannique) ou à la CEDH, a dit son entourage.

(Reportage d'Andrew MacAskill et Kylie MacLellan, version française Tangi Salaün, édité par Kate Entringer)

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