Iran : Les commerces ferment après un appel à la grève

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Photo d'archives des commerces iraniens fermes a teheran[reuters.com]
(Crédits : Wana News Agency)

DUBAÏ (Reuters) - Des commerces iraniens ont fermé leurs portes lundi dans plusieurs villes après que des manifestants ont appelé à une grève de trois jours contre les autorités religieuses du pays, confrontées à la vague de contestation la plus importante depuis la révolution islamique de 1979.

Des centaines de personnes ont été tuées en Iran depuis le mois de septembre dans des affrontements avec les forces de l'ordre qui ont éclaté après la mort en détention de Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs pour avoir porté un voile non réglementaire.

Selon l'agence de presse semi-officielle Tasnim, un parc d'attractions situé dans un centre commercial de Téhéran a été fermé lundi par les autorités parce que ses employées ne portaient pas correctement le voile.

Le procureur général iranien a annoncé dimanche que la police des moeurs était abolie mais le ministère de l'Intérieur n'a pas confirmé cette information.

Le procureur général n'était pas responsable de la supervision de cette brigade, selon les médias d'État.

Le journal réformiste Hammihan a pour sa part rapporté que la police des moeurs avait renforcé sa présence dans les villes situées en dehors de Téhéran, où elle a été moins active ces dernières semaines.

Le compte Twitter 1500tasvir, qui compte 380.000 abonnés et est consacré aux protestations qui secouent le pays, a publié lundi des vidéos de magasins fermés dans des zones commerciales telles que le Bazar de Téhéran, et d'autres grandes villes comme Karaj, Isfahan, Mashhad, Tabriz et Shiraz.

Reuters n'a pas pu vérifier immédiatement ces images.

Le chef de l'Autorité judiciaire iranienne, Gholam-Hossein Mohseni Ejei, a accusé les "émeutiers" de menacer les commerçants afin qu'ils ferment leurs magasins.

Il a également dit que les manifestants condamnés à mort seraient bientôt exécutés.

La police anti-émeute et la milice Bassidj, qui se trouve sous le commandement des Gardiens de la révolution iranienne, ont été déployés en nombre dans le centre de Téhéran, ont dit des témoins à Reuters.

(Reportage rédaction de Dubaï, version française Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)

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