L'OCDE voit la croissance des grandes économies chuter à long terme
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Photo du siège de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris
Charles Platiau
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PARIS (Reuters) - La croissance économique devrait diminuer de près de moitié dans les pays développés et les grandes économies émergentes au cours des prochaines décennies, ce qui nécessitera d'augmenter les impôts pour éviter que la dette n'explose, affirme jeudi l'OCDE dans une mise à jour de ses projections économiques à long terme.
Alors que l'accélération de la transition à des énergies plus propres pourrait peser davantage sur l'activité économique, des systèmes efficaces de tarification du carbone pourraient générer des recettes exceptionnelles pour certains gouvernements, a déclaré l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
La croissance tendancielle des 38 pays membres de l'OCDE et du G20 devrait progressivement ralentir, passant de 3% avant la pandémie de COVID-19 à 1,7% d'ici à 2060. En cause : la diminution de la main-d'œuvre dans de nombreux pays, due au vieillissement de la population, et une moindre productivité dans les pays émergents.
Pour les pays membres de l'OCDE, le taux de croissance tendanciel devrait passer de 1,8% à 1,3% en 2060. Les économies émergentes du G20 devraient connaître un ralentissement plus important, de 4,5% à 2% d'ici à 2060.
Le ralentissement de la croissance s'accompagnera d'une pression sur les finances publiques, ce qui, dans le cas des pays de l'OCDE, signifierait que les impôts devraient être augmentés en moyenne de plus de six points de pourcentage d'ici à 2060 pour maintenir la dette à son niveau actuel.
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Les gouvernements qui ne veulent ou ne peuvent pas augmenter les impôts devront trouver d'autres moyens d'alléger la pression, par exemple en réformant les systèmes de santé et de retraite.
Dans un scénario où les pays accélèrent la transition énergétique pour limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 degré Celsius, la croissance mondiale serait inférieure de 0,2 point de pourcentage à ce que l'on pourrait attendre entre 2025 et 2030.
Cette baisse atteindrait près de 0,6 point de pourcentage d'ici 2045-2050, avec un choc moins important dans les pays de l'OCDE que dans les grandes économies émergentes, plus dépendantes des combustibles fossiles.
Toutefois, l'utilisation généralisée de permis d'émissions négociables, de taxes sur le carbone et sur les carburants pour augmenter les prix du carbone, pourrait générer des recettes publiques supplémentaires de l'ordre de 3,75% de la production économique dans les pays de l'OCDE au cours de la période 2026-2030.
(Reportage Leigh Thomas ; version française Gaëlle Sheehan, édité par Blandine Hénault)
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