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Les sponsors des Bleus réclament des garanties

Sandrine Cassini

Publié le 05 juillet 2010 à 04:53 - Mis à jour le 05 juillet 2010 à 04:54

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A l'avenir, ils veulent être associés à la gouvernance de la Fédération française de football sur certaines décisions. Et souhaitent la mise en place de bonus-malus.

L'immobilisme de la Fédération française de football (FFF), qui n'a pas été capable vendredi de nommer un nouveau président et a repoussé au 23 juillet toute ébauche de projet de réforme, a été très mal vécu par les partenaires, comme le Crédit Agricolegricole, Carrefour, ou SFR. Les déboires de l'équipe de France en Afrique du Sud, avec en point d'orgue la une de l'Equipe et la grève des joueurs a écorné leur image. « Il faut voir les mails d'insulte que j'ai reçus de nos clients. Associer sa marque, c'est être soutien», se désole un partenaire majeur.

Ainsi, certains, comme le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, ont même écrit à la FFF pour lui exprimer leur mécontentement. Ces dernières semaines, des réunions de crise avec tous les sponsors ont eu lieu à la fédération. Tous réclament des garanties pour l'avenir. Ils veulent ainsi faire partie de la gouvernance de la FFF. « Une instance de pilotage est nécessaire. On peut imaginer un comité des sponsors qui soit consulté sur certains sujets, notamment sur la politique de communication de la FFF avec les médias et sur la valorisation de nos marques. Aujourd'hui, on attache notre marque à des gens sans avoir rien à dire », explique un autre partenaire. Par exemple, les sponsors n'ont aucun droit de regard sur les publicités des Bleus conçues au sein la fédération. « Il faut mettre en place des garde-fous sur la façon dont on gère les crises. Et pour la suite, je veux savoir avec qui je dois discuter. Un mode opératoire nouveau doit être mis en place », indique encore un partenaire.

Négociations en cours

Autre idée avancée par les sponsors, la mise en place d'un système de bonus-malus, tel qu'il existe dans les contrats d'agence classique ou dans les contrats d'équipementier. Il s'agirait de déterminer des indicateurs, sportifs et en terme d'image par exemple. Les Bleus sont-ils qualifiés pour la Coupe du monde ? à quel stade de la compétition se hissent-ils ? Ont-ils une bonne image auprès du public ? Des responsables de la fédération sont favorables à la mise en place de ces propositions. Une clause de sortie en cas de fait grave (une grève, par exemple) pourrait même être proposée. Mais les sponsors sont loin d'avoir eu gain de cause. Pour l'instant, ils n'ont eu affaire qu'aux permanents de la FFF, et pas aux élus, qui restent décisionnaires.

En décembre, la fédération a reconduit pour quatre ans les contrats de sponsoring, revoyant les tarifs à la hausse. Si des protocoles d'accord ont été signés, les contrats n'ont pas été finalisés. Sont toujours en négociations les contreparties apportées par la FFF, comme le nombre de places dans les stades, la taille des logos, la présence sur le site Internet, les modalités d'exploitation de l'image des Bleus dans les médias.

Les partenaires sont maintenant en position de force pour réclamer plus à la FFF. Mais avant de parapher les contrats, ils veulent la mise en place de clauses de contrôle.

Les sponsors ont apporté un tiers des 205 millions d'euros de recettes de la fédération. Si l'on inclut le contrat avec TF1, les partenaires génèrent les deux tiers de son chiffre d'affaires.

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Que faire des 5 millions de prime ?

C'est acté. Les joueurs présents en Afrique du Sud ne toucheront pas les 5 millions d'euros de prime et de sponsoring. Reste à savoir quoi faire de la somme. Son reversement au football amateur emporte l'adhésion des partenaires. Mais là aussi, ils veulent des assurances. « Nous voulons être garantis que l'argent aille soit au foot amateur, soit à des associations caritatives liées au sport. En revanche, on ne veut pas qu'il reste dans les caisses de la fédération », indique un partenaire majeur.

Sandrine Cassini

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