Choix du statut : mieux vaut se faire conseiller

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Bien que très médiatisé ces dernières années, le statut d'auto-entrepreneur est loin de répondre à tous les besoins. Entre Sarl, SASU, SAS ou Eirl, le choix dépend de nombreux critères.

Un vrai casse-tête. Voilà ce qui ressort des témoignages des apprentis dirigeants à propos du choix du statut juridique de leur entreprise et de son régime fiscal. C'est d'ailleurs pour simplifier ces forma- lités administratives que le gouverne- ment a instauré, au 1er janvier 2009, le statut d'auto-entrepreneur. Une inscription en quelques clics, des règles simples. Résultat : une explosion de créations d'auto-entreprises. Près de 360 000 pour la seule année 2010 par exemple. « Il y a eu une vraie bulle, qui semble en train de se désamorcer, constate Jean-Paul Le Brech, directeur général adjoint du Conseil national du réseau CER France. Beaucoup de porteurs de projets se sont inscrits, mais ils n'ont finalement pas réalisé d'activité. » Ce statut comporte pas mal de limites (voir encadré ci-dessous). « Il a été très bien vendu par les pouvoirs publics, mais l'auto-entreprise reste une entreprise qu'il faut savoir gérer », explique Jean-Paul Le Brech. Créer son auto-entreprise permet avant tout de valider son idée. « J'ai vu cela comme un laboratoire pour obtenir mes premières références et me prouver que j'étais bien fait pour la création d'entreprise, témoigne Guillaume Tostivint, fondateur de Curiocités (voir page VI). Mais au bout de quatre mois, j'ai décidé de structurer mon activité et de passer au statut de SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle). C'est un statut qui offre beaucoup de souplesse et qui a été énormément simplifié depuis deux ans. Il me semble plus adapté à la croissance de mon entreprise, notamment en cas de levée de fonds. »

La porte où frapper
Pour l'auto-entrepreneur dont l'activité démarre bien, un passage en Eirl (entre- prise individuelle à responsabilité limitée) peut sembler bien adapté. « L'évolution d'un statut à l'autre est facile », assure Cédrick Pommier, coach sportif à domicile. Créer une Eirl semble effectivement simple (auprès d'une Chambre onéreux (moins de 150 euros). Ce statut, récent, a pour principal avantage de protéger le patrimoine personnel du chef d'entreprise en mettant à part ce qui lui sert à son activité professionnelle. Fiscalement, il offre aussi la possibilité d'opter pour l'impôt sur les sociétés. « Mais son décollage est difficile, observe Jean-Paul Le Brech. Notamment parce que les banques ont tendance à contourner la protection du patrimoine personnel en demandant beaucoup de garanties. » Au final, sorti du statut d'auto-entrepreneur, le choix est complexe car il faut tenir compte de l'ensemble des paramètres. Une Sarl ? Elle limite les responsabilités pour l'entrepreneur et offre la possibilité de ne pas libérer immédiatement le capital. Mais sa constitution et son fonctionnement exigent un certain formalisme.
La société par actions simplifiée (SAS) ? Elle facilite les partenariats et limite la responsabilité aux apports, mais oblige à beaucoup de rigueur. Cette question du statut est sans doute celle pour laquelle il est le plus important de se faire conseiller. Heureusement, les structures d'appui aux dirigeants sont nombreuses dans ce domaine. Des structures comme CER France ou BGE (les anciennes Boutiques de gestion) sont présentes sur toute la France. Les experts comptables jouent également un grand rôle de conseillers dans ces domaines. Sans oublier les associations constituées par les chefs d'entreprise pour aider leurs pairs, comme le Réseau Entreprendre. Autant alors frapper à leur porte plutôt que s'engager sur une mauvaise route.

Auto-entreprise : des limites à connaître
Si ce statut a remporté un vif succès, il présente des contraintes :
? Le chiffre d'affaires ne doit pas dépasser 81 500 euros hors taxes par an, ou 32 600 euros pour certaines prestations de services.
? Pour ses charges sociales et ses impôts, l'entrepreneur est soumis à un prélèvement libératoire de 13 % à 23 % calculé sur son chiffre d'affaires, même s'il ne fait aucun bénéfice. Un régime qui n'est pas forcément favorable par rapport à une société classique.

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