Arkema décrète la mobilisation générale

Les plans de prévention décidés après l'explosion de l'usine AZF ont pris beaucoup de retard. Et ils butent sur des problèmes de financement des travaux imposés aux riverains.
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Diviser le taux de fréquence des accidents du travail par près de trois pour le ramener au niveau affiché par les concurrents américains Dow Chemical et DuPont ou par le français Rhodia : telle est l'ambition du groupe chimique Arkema. « Depuis quelques années, ce taux plafonnait aux alentours de 6, quand les meilleurs groupes chimiques mondiaux sont plutôt autour de 2 », raconte Jean Morch, le directeur sécurité environnement du groupe. En 2008 et 2009, le taux affiché par Arkema est de 5,9. En 2010, il fléchit légèrement, à 5,7, mais reste en deçà de l'objectif de 5,3 espéré par le groupe. « Nous nous sommes aperçus qu'il fallait renouveler notre façon d'agir pour passer un cap, aller plus loin dans la prise de conscience, poursuit le dirigeant. Durant les années précédentes, nous nous étions beaucoup améliorés par la technique, puis par l'organisation et le management. Mais il nous restait un levier sur lequel agir, la culture, c'est-à-dire le fait que chacun se sente responsable de sa propre sécurité et de celle de ses collègues et qu'il en fasse un vrai engagement ».

Arkema lance alors une mobilisation générale avec pour slogan « la sécurité toujours en tête ». Le thème devient omniprésent dans le groupe. « Nos résultats sécurité s'affichent chaque jour sur l'Intranet du groupe, toutes les réunions commencent par un rappel des consignes de sécurité, à chaque réunion du Comex est présenté le taux de fréquence d'accidents du mois en cours », détaille Jean Morch. Durant trois ou quatre mois, Arkema mène aussi campagne sur un thème précis (circulation au sein des sites, zones balisées, ouverture de circuits du produit dangereux etc.) avec un rappel des règles simples à respecter dans chacun de ces domaines, avec l'objectif qu'elles deviennent incontournables. « Quand il y a un accident, tout le monde se précipite sur les causes techniques, puis sur les problèmes de procédure. Mais il ne faut pas oublier la troisième dimension, c'est-à-dire le facteur humain ».

Les consignes rassemblées dans un petit livret baptisé « Les Essentiels » peuvent sembler bien banales. Mais les accidents dans une industrie à risques comme la chimie ne surviennent pas toujours là où on le pense. « Près de 40 % des accidents recensés dans le groupe surviennent lors des déplacements sur les sites. Par exemple, nous avons encore de nombreux sites équipés de voies ferrées, ce qui pose des problèmes pour les vélos. Le contact avec un produit chimique est la cause de 10 % de nos accidents ».

Ce véritable matraquage sur la sécurité semble porter ses fruits. Sur les cinq premiers mois de l'année, le taux de fréquence des accidents est tombé à 4,2. Loin encore, certes, des meilleurs chimistes mondiaux. Mais les progrès sont là. « Notre objectif pour 2011 est de 4,8 et nous avons bon espoir d'y arriver », confie Jean Morch. Mais le dirigeant se veut prudent car, en matière de sécurité, rien n'est jamais définitivement gagné.

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