Yingli vend ses panneaux partout où le soleil brille

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De la Californie à l'Europe en passant par l'Asie, le numéro deux chinois veut devenir dès cette année le quatrième fabricant mondial de panneaux solaires.

Liansheng Miao mène son groupe à la baguette. Et si ses plans sont respectés, le président de Yingli, qui a fait un long passage dans l?armée et le secteur des cosmétiques avant de fonder sa société, devrait se retrouver cette année à la tête du quatrième groupe mondial de panneaux solaires. « Nous visons une capacité de production de 1 GW à la fin de l?année », insiste le porte-parole du groupe qui, aujourd?hui, se classe au sixième rang mondial : « À notre capacité actuelle de 600 MW viendront s?ajouter les 100 MW de notre usine de Hainan et les 300 MW de production de silicium monocristallin issus de nouvelles chaînes de production à Baoding. »

En dépit de la conjoncture d?un secteur pénalisé par la baisse des subventions dans certains pays, Yingli compte, comme les autres groupes chinois, tirer parti de ses prix, 30 % moins élevés qu?en Allemagne, pour doubler ses ventes, faites pour l?essentiel à l?étranger. Selon les experts, cet objectif est loin d?être hors d?atteinte. « La baisse des tarifs de rachat oblige les installateurs à acheter des panneaux moins chers au détriment des producteurs allemands », résume Nicolas Rochon, gérant à la Financière Champlain. De fait, Yingli dit avoir déjà signé cette année des contrats correspondant à 90 % de ses prévisions de ventes. En 2009 déjà, le groupe du Heibei s?était montré particulièrement agressif, affichant des rythmes de croissance supérieurs à l?ensemble de ses concurrents, Suntech compris. « L?an prochain, nous comptons étoffer notre portefeuille de clients à l?étranger », avait d?ailleurs prévenu Liansheng Miao en décembre dernier, ignorant presque les subventions annoncées par le gouvernement chinois pour ?le marché intérieur. « Dans le solaire, les Chinois ne devraient guère accélérer le développement de leur marché local avant 2011-2012, estime Nicolas Rochon, Ils attendent que les gains technologiques réalisés en Europe permettent d?abaisser les coûts. »

Le Texas très ouvert

Pour l?heure, les deux tiers des ventes de Yingli se font sur le marché allemand, le plus important d?Europe. Mais cette situation devrait évoluer au profit d?autres marchés du Vieux Continent et des États-Unis. « Il y a des chances pour que la part de l?Allemagne, historiquement autour de 70 % dans nos exportations, soit ramenée à 50 % cette année », explique le porte-parole. En France, en Espagne et en Italie, il a d?ores et déjà ouvert des antennes commerciales. Aux États-Unis, Yingli peut s?enorgueillir d?avoir capté près d?un tiers du marché californien, de sorte que, avec Suntech, les groupes chinois détiennent désormais 46 % du marché local contre 21 % début 2009. Il s?est également offert ?un accès sur la côte Est en signant un contrat d?approvisionnement avec le groupe Sundance Energy. Enfin, le Texas lui aussi lui tend les bras. La ville d?Austin se dit prête à lui accorder une aide de 354.000 dollars pour qu?il installe un site sur son sol.

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