Les loyers des bureaux flambent à travers l'Asie et l'Amérique du Sud

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Hong Kong est devenu le centre d'affaires le plus onéreux du monde. Mais l'Amérique du Sud est la région où les loyers ont le plus progressé en 2010.

Pour les multinationales, le nouvel ordre économique mondial qu'imposent les pays émergents a aussi un impact sur le coût d'occupation de leurs bureaux. Après avoir chuté de 11 % en 2009, les loyers de bureau ont augmenté de 1 % à travers le monde l'an dernier, à la faveur de la reprise économique.

Mais selon la société de conseil en immobilier Cushman & Wakefield, cette reprise a surtout profité aux marchés émergents : les villes dont les loyers ont le plus progressé sont Hong Kong, Pékin et Rio de Janeiro, affichant des hausses de l'ordre de 50 %. « Le continent asiatique prend une importance croissante dans le classement des marchés de bureaux les plus chers du monde, ce qui confirme les tendances observées les années précédentes », remarque le directeur général de Cushman & Wakefield France, Thierry Juteau.

Hong Kong domine ce classement, gagnant deux places par rapport à 2009, avec un loyer annuel moyen de 1.931 euros par mètre carré. Malgré une hausse spectaculaire de 51 % en 2010, l'inflation devrait se poursuivre. « Les plus grands établissements financiers de la planète renforcent leurs équipes à Hong Kong en raison des perspectives qu'offrent les investissements en renminbi offshore », soulignait un analyste lors du Forum de la finance asiatique (AFF), qui s'est déroulé sur l'île le mois dernier.

New York reléguée

Sur le continent chinois, Pékin et Shanghai ont enregistré des hausses respectives de 48 % et 28 %, sans toutefois rejoindre le « top ten » de Cushman & Wakefield. Derrière Hong Kong se situent Londres et Tokyo, suivies par Rio de Janeiro, qui, en passant de la treizième à la quatrième place avec des loyers grimpant de 47 %, s'est trouvée dans une situation inédite : jamais une ville d'Amérique latine n'avait vu ses loyers dépasser ceux de New York, reléguée au cinquième rang en dépit d'une progression de 10 % « Midtown » (lire ci-dessous). L'an dernier, les loyers américains ont reculé de 2 % et ceux du Vieux continent sont restés stables. Hormis Hong Kong et Rio, Mumbai (6ème) et Moscou (7ème) sont les deux autres villes du monde émergent du « top ten ».

« Cette évolution tranche avec les années 1990 et 2000 où les métropoles d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord tenaient généralement la vedette », note Thierry Juteau. Un tel phénomène incite les investisseurs institutionnels à l'action. À la fin janvier, Pramerica Real Estate Investors, une division de l'assureur américain Prudential Financial, a créé deux sociétés afin de prendre position sur les marchés brésiliens et chinois.

En 2010, l'Amérique du Sud s'est distinguée, avec une hausse régionale de 12 %, la plus élevée du monde. Mais si l'Asie fut également dynamique, l'Europe de l'Est est restée stable, la Russie, l'Ukraine et la Lituanie ayant compensé les replis constatés en Bulgarie et en Roumanie. En Afrique et au Moyen-Orient, dont les parcs immobiliers avaient gonflé juste avant la crise, les loyers ont reculé de 10 %. La situation reste critique à Abu Dhabi et Dubaï où la chute a atteint 20 %.

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