L'Inde présente un « budget du peuple » pour calmer la grogne de la population

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Les défenseurs d'une plus large ouverture aux marchés étrangers n'ont pas été écoutés.

« Aujourd'hui tout le monde nous regarde. Je ne parle pas seulement en Inde, mais également à l'étranger! » Ajit Ranade, le chef économiste du groupe Birla, résume là le sentiment qui domine les cercles économiques indiens à l'occasion de la présentation du budget annuel, lundi à New Delhi. Avec une croissance économique de 8,2 % d'octobre à décembre en glissement annuel, bien partie pour dépasser celle de la Chine dans les prochaines années, les Indiens veulent désormais se convaincre que la présentation du budget national dépasse le simple exercice médiatique interne au pays.

Ce budget, qualifié de « budget du peuple » par le ministre des Finances Pranab Mukherjee, tente donc de désamorcer la grogne populaire suscitée par une inflation proche des 10 %, alimentée par l'envolée des prix des denrées alimentaires. La popularité du Premier ministre avait sévèrement chuté en décembre lorsque le prix de l'oignon avait bondi de plus de 60 % en quelques jours. Le gouvernement a donc voulu lancé un signal fort en concentrant ses efforts sur le secteur social : « Le pays supporte depuis suffisamment de temps le fardeau de la faim et de la malnutrition ! », a déclaré Pranab Mukherjee en annonçant une augmentation de 17 % pour le secteur social dont six milliards de dollars pour le seul secteur de la santé.

Batterie de mesures

Le gouvernement a également mis l'accent sur les infrastructures, autre point noir du pays, et dévoilé une batterie de mesures censées encourager les différents acteurs. Enfin, les autorités indiennes se sont montrées confiantes sur la réduction du déficit public. L'objectif annoncé par le ministre des Finances pour l'exercice 2011-2012, s'élève à 4,6 % du PIB.

En revanche, parmi les mesures espérées et scrutées à l'étranger, les annonces sont minces. Qu'il s'agisse des réformes favorisant clairement les investissements directs étrangers, ou de la libéralisation de certains domaines comme le secteur bancaire et la grande distribution, le ministère des Finances a choisi de patienter. Seul signe en direction des étrangers, la possibilité d'investir directement dans des fonds sans subir le chemin de croix administratif réservé jusque-là. Pour les commentateurs indiens, aucun doute, la lutte interne qui oppose depuis plusieurs mois l'aile gauche aux réformateurs du parti du Congres au pouvoir a clairement tourné à l'avantage des premiers.

 

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