Pour la première fois, le plan quinquennal met l'accent sur la qualité et non sur la quantité
Virginie Mangin
Virginie Mangin
Le 12e plan quinquennal, comme les précédents, sera approuvé haut la main par le Parlement la semaine prochaine. Les grandes lignes de la politique économique et sociale de la Chine seront ainsi fixées jusqu'à 2015. À l'heure de la mondialisation, ce type de plan pourrait être considéré comme un héritage bureaucratique inadapté, tout droit issu de la planification figée des économies communistes, chinoise ou soviétique. mais en réalité, le plan n'a plus rien de commun, aujourd'hui, avec celui lancé par Mao Zedong en 1953.
Progressivement, cet outil de prospective s'est débarrassé de son caractère obligatoire et centralisé, pour ressembler davantage à ce qu'a connu la France dans le passé. Signe de cette évolution, en chinois le mot « plan » a été remplacé par « directive ». « Il est devenu un grand moment de réflexion nationale, explique Jean-François Huchet, directeur du Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC), où de nombreuses informations remontent des agences et des ministères. »
La préparation du plan nécessite deux ans. Tous les acteurs concernés envoient recommandations, informations, suggestions à la très puissante NDRC, la National Development and Reform Commission, l'agence de planification qui pilote le tout. Celle-ci veillera à son application. De nombreux intellectuels ou experts externes participent aussi à ce grand « brain storming » qui accouchera de la version finale présentée au Parlement.
Toutefois, il faudra attendre la fin de l'année pour voir à quoi ressemblera réellement l'économie de la Chine dans les cinq prochaines années. Il revient en effet à chaque ministère, province ou agence, d'appliquer à son cas les grandes directives proposées, puis de fournir son propre rapport à la NDRC.
Le plus ambitieux
Jusqu'à récemment, les plans retenaient peu l'attention des analystes. Les objectifs chiffrés de production et de croissance volontairement bas étaient atteints en quelques mois. Ainsi est-il probable que les 7 % de croissance annuelle proposés sur la période 2011-2015 soient largement dépassés.
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Mais avec ce 12e Plan, c'est la première fois que l'accent est mis non sur la quantité mais sur la qualité. C'est, selon certains experts, le plan le plus ambitieux en matière de réforme sociale que la Chine ait connu. Et si certains objectifs ne sont pas atteints - à l'exemple des seuils de réduction de consommation énergétique fixés dans le 11e Plan -, l'élan et la direction auront été donnés. « C'est très facile de comprendre où va la Chine, remarquait récemment un fin connaisseur du pays. Elle fait toujours ce qu'elle dit. »
Virginie Mangin, à Pékin
Virginie Mangin
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