Dette américaine : Pékin voit un tiers de ses réserves mis « sous perspective négative »

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Premier créancier étranger des États-Unis, la Chine s'inquiète de la solidité de ses placements.

Après l'alerte sur l'endettement des États-Unis émise lundi par l'agence de notation Standard and Poor's (S&P), la Chine, le plus gros détenteur de dette américaine, a officiellement demandé mardi que « le gouvernement américain prenne des mesures responsables pour protéger les intérêts des investisseurs ». Pékin n'a toutefois pas attendu la mise en garde de S&P pour s'inquiéter de la sécurité de ses titres de la dette américaine. Depuis au moins deux ans tant les membres du gouvernement chinois, qu'universitaires et hommes d'affaires tirent unanimement la sonnette d'alarme. Lundi encore le gouverneur de la Banque centrale Zhou Xiaochuan a déclaré que les réserves de changes accumulées par son pays - soit plus de 3.000 milliards de dollars - avaient « dépassé le niveau raisonnable ». Or plus du tiers de ces réserves (1.154,1 milliards de dollars) sont constituées par des bons du Trésor américain, selon les données mêmes de ce dernier. « Si le gouvernement ne revoit pas ses orientations politiques, l'accumulation pourrait provoquer de gros risques » a souligné le chef de la banque centrale chinoise, avant d'en appeler à diversifier les placements réalisés...

Banque centrale critiquée

En mars 2010 le Premier ministre Wen Jiabao en personne s'était lui aussi dit « inquiet » pour la « sécurité des biens de la Chine » détenus en dollars. Le ministre des Finances ne rate, quant à lui, pas une occasion pour critiquer les investissements de la Banque centrale trop liés selon lui au dollar. Cependant la Chine tente bien depuis la création en 2007 de son fonds souverain, China Investment Corp., de diversifier ses investissements. Dernièrement elle n'a pas renouvelé ses bons du Trésor américains à court terme arrivés à échéance et selon certains analystes elle a évité également de racheter les titres à moyen et long terme. Mais elle ne peut se permettre une vente massive de dette américaine ce qui réévaluerait sa monnaie et dévaluerait la valeur restante de sa dette.

 

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