La Syrie dans l'impasse de la répression

Le risque d'une dangereuse désintégration du pays exclut une intervention militaire internationale.
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En Syrie, malgré la sévère répression ces derniers jours, l'opposition au président Bachar al-Assad a lancé un appel à manifester ce vendredi ce qui constituera un nouveau test pour le pouvoir. Selon les associations des droits de l'Homme, 502 personnes ont été tuées depuis le 15 mars, début de la contestation. Pourtant, contrairement à la Libye du colonel Kadhafi, le président syrien se sait à l'abri d'une intervention militaire étrangère pour le renverser. Mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU, même une simple déclaration de condamnation du régime a été rejetée, après le veto de la Russie et de la Chine. L'administration Obama agite la menace de sanctions administratives, et le sénateur républicain McCain, fervent partisan de l'intervention en Libye, concédait jeudi à la télévision France 24 que l'opération « serait trop risquée » et pourrait même « ne pas arrêter Bachar al-Assad.» Cet aveu d'impuissance est aussi à mettre en relation avec les graves conséquences d'une désintégration du pays, dont l'unité issue du passé colonial s'est faite depuis 40 ans sous la main de fer du parti Baas des Assad, le clan alaouite minoritaire, face aux sunnites.

« Dans les deux plus grandes villes du pays, Damas et Alep, les gens ne sont pas descendus en masse dans les rues », remarque Joshua Landis, professeur au Centre d'études sur le Proche Orient de l'université d'Oklahoma, et animateur du site syriacomment.com. Il souligne que les manifestations ont commencé dans les banlieues pauvres des villes et sont surtout menées par les jeunes. Plus de 40 % de la population a moins de 15 ans, sans grande perspective d'emploi, et près de 12 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté. En revanche, d'autres classes sociales redoutent une situation à l'irakienne. « Ils ont peur. Les classes moyennes et aisées ne veulent pas d'une guerre civile », indique Joshua Landis qui précise que « sur le million de réfugiés irakiens en Syrie, 300.000 sont chrétiens, et 10 % des Syriens sont chrétiens. Eux et les autres minorités religieuses prévoient un nettoyage ethnique si l'État s'écroule ».

En outre, une telle déstabilisation politique et sociale aurait des conséquences importantes pour les pays frontaliers : Israël, mais aussi le Liban, l'Irak, la Jordanie et la Turquie. La véritable solution semble donc résider dans de véritables réformes politiques menées au sein même du pouvoir. Plusieurs membres du parti Baas ont démissionné pour dénoncer la répression menée par le frère du président, Mahir al-Asad, qui dirige les forces de sécurité. Plusieurs témoignages cités par la chaîne Al Jazeera indiquaient que dans la ville de Deraa, des combats avaient opposé ces forces et l'armée régulière.

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