Le FMI veut tourner rapidement la page DSK

Avec la démission de Dominique Strauss-Kahn, le conseil d'administration du Fonds monétaire international va lancer la procédure de désignation de son successeur. Si Christine Lagarde bénéficie de l'appui des Européens, les émergents veulent être davantage partie prenante du processus de désignation.
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L'après-DSK a commencé au Fonds monétaire international (FMI). « C'est avec une infinie tristesse que je me vois obligé aujourd'hui (mercredi) de proposer au conseil d'administration ma démission de mon poste de directeur général », écrit, dans une lettre, Dominique Strauss-Kahn. Depuis son arrestation samedi après avoir été accusé de viol par une femme de ménage, son remplacement est devenu un enjeu disputé entre l'Union européenne et les pays émergents.

« Nous voulons voir un processus de sélection du nouveau directeur général ouvert et permettant une succession rapide », a indiqué jeudi le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner. Les États-Unis craignent qu'une polémique ne vienne paralyser une institution qui joue un rôle clé dans la recherche de solutions pour résoudre les déséquilibres de l'économie mondiale, en particulier le système monétaire ou la crise de la dette souveraine en Europe.

« L'absence d'un directeur exécutif et la période de transition avant sa nomination ne devraient pas nuire au fonctionnement du FMI ni à sa capacité à traiter les problèmes en cours étant donné la solidité institutionnelle. Le processus de sélection ne doit pas être fait à la va-vite », tempère pour sa part Ousmène Mandeng, conseiller au fonds d'investissement Ashmore, et ancien fonctionnaire du FMI.

Traditionnellement dévolu à un Européen, ce poste, qui a été occupé majoritairement par des Français (quatre), est aujourd'hui convoité par les économies émergentes au nom d'une plus juste représentation. Mais pour éviter un blocage, un compromis pourrait se dessiner. « Nous ne sommes pas en train de discuter sur des noms [...]. Nous discutons des procédures et des méthodes afin que les pays émergents aient une plus grande part aux discussions sur la succession », expliquait le ministre des Finances brésilien, Guido Mantega.

D'autant que face aux différents noms avancés chez les émergents, un consensus européen se dégage en faveur de Christine Lagarde, ministre française de l'Économie, qui pourrait bénéficier notamment de l'appui de l'Allemagne. Femme, anglophone, reconnue sur la scène internationale, elle a participé à toutes les réunions tant sur la crise de la dette en Europe que sur les déséquilibres internationaux. Seul point noir, elle est l'objet d'une procédure pour « abus d'autorité » dans une procédure d'arbitrage favorable à l'homme d'affaires Bernard Tapie. Trois juges doivent décider avant le 10 juin s'il y a lieu d'ouvrir une enquête.

L'instance qui choisira le 11e directeur exécutif du Fonds, le conseil d'administration, pourrait d'ailleurs ne pas se précipiter ; d'une part l'intérim est assuré par l'actuel numéro deux, l'américain John Lipsky, et d'autre part le FMI veut un processus de désignation qui satisfasse Européens et pays émergents. Il en va de la crédibilité de l'institution.

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