L'économie européenne peine à séduire les entreprises des pays émergents

 |   |  451  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Selon le baromètre annuel Ernst & Young sur l'attractivité de l'Europe, les projets de flux d'investissements des pays émergents restent stables - et modestes - à 7 %.

Bien que l'Europe soit, ces dernières semaines, un sujet d'inquiétude en raison de la crise de sa dette souveraine, qui mine la cohésion de la zone euro, le Vieux Continent reste un enjeu majeur dans l'économie mondiale. C'est ce que montre, en tout cas, le baromètre Ernst & Young 2011 sur les flux d'investissements dans 43 pays, considérés comme appartenant à l'Europe élargie (l'étude intègre par exemple la Turquie dans son panel). Et dont les résultats sont publiés à l'occasion de la Conférence mondiale de l'investissement (World Investment Conference) qui s'ouvre ce mercredi à La Baule.

En 2010, le nombre de projets d'implantations internationales a atteint 3.757, soit 14 % de plus qu'en 2009, une progression notable, « même si ce sont des projets de moindre taille », précise Marc Lhermitte, associé chez Ernst & Young. Cela a eu un effet bénéfique sur l'emploi avec la création de 137.337 nouveaux postes (+ 10 %).

Les trois premiers pays à drainer ces investissements directs demeurent, comme les années précédentes, le Royaume-Uni (728 projets), la France (562) et l'Allemagne (560). Mais le Royaume-Uni et la France perdent du terrain, notamment face à l'Allemagne, qui bénéficie de sa compétitivité et de sa dynamique exportatrice. C'est aussi le cas face à des pays d'une taille plus modeste comme « la Pologne, la Hongrie et les pays baltes », souligne le rapport.

L'allemagne très prisée

Les projets d'investissements proviennent surtout des États-Unis (26 %), ou d'origine intra-européenne, notamment d'Allemagne (10 %) et du Royaume-Uni (6 %). Ceux émanant des entreprises des grandes économies émergentes restent pour le moment modestes et leur nombre stagne. En 2010, les Bric ont fourni 7 % de ces flux d'investissement direct (257), Chine et Inde cumulées 6 %, une part qui reste stable par rapport à 2009. Cette stabilité est à mettre en rapport « avec l'attractivité interne des marchés indien et chinois, en croissance rapide. C'est la raison pour laquelle les investisseurs de ces deux pays ne se précipitent pas pour investir dans une Europe, qui a affiché un taux de croissance de 1,8 % en 2010 », expliquent les experts d'Ernst & Young.

Le Royaume-Uni reste la première destination de l'ensemble des projets émergents (32 % du total). L'Inde et ses entreprises de services, travaillant avec le secteur financier de la City de Londres, y sont pour beaucoup. Mais l'Allemagne, deuxième destination (20 %), est très prisée par les entreprises chinoises (115 projets).

Cette part reste encore trop modeste au regard de la place des émergents dans l'économie mondiale. « L'Europe ne pourra pas garder sa position en tant que puissance économique mondiale si les entreprises internationales des économies à croissance rapide y investissent seulement marginalement et seulement pour maintenir une présence plutôt que de regarder les opportunités économiques », avertit ainsi le rapport.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :