Libye : les hommes forts du CNT à l'épreuve du pouvoir

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Les nouveaux dirigeants, dont nombre d'entre eux sont des anciens du régime, entament le processus de transition.

Depuis le début de la révolte en février, le Conseil national de transition libyen (CNT) s'est imposé comme le leader de l'opposition, fédérant les insurgés et assurant leur représentation politique. Il s'est autoproclamé seul représentant légitime de la Libye, gagnant la reconnaissance de plus d'une trentaine d'États à la recherche d'un nouvel interlocuteur. Le CNT dispose ainsi de soutiens suffisants à travers le pays et à l'étranger pour diriger l'État le temps de la transition. Face à l'imminence de la chute du régime, le CNT se prépare pour l'après-Kadhafi. Il doit d'ores et déjà répondre à de nombreux défis, notamment relancer la production de pétrole dont dépend la prospérité économique de la Libye.

Opposant de longue date, Ali Tarhouni sera une figure clé de cette mission. Le nouveau ministre des Finances et du Pétrole du gouvernement provisoire du CNT était professeur d'économie à l'Université de Washington à Seattle avant de rejoindre les rangs de la rébellion. Il sera un interlocuteur de confiance pour les pays occidentaux qui développent les exploitations pétrolières en Libye.

Anciens ministres de Kadhafi

Choukri Ghanem sera un autre acteur de poids pour le secteur de l'or noir. Ancien premier ministre et ministre du Pétrole, ce technocrate a largement contribué à libéraliser l'économie libyenne et à attirer les investissements étrangers pour l'industrie pétrolière. Malgré son affiliation à Saif al-Islam Kadhafi et sa défection tardive, ses dizaines d'années d'expérience lui vaudront probablement un poste dans le nouveau gouvernement.

À son image, nombreux sont les ministres de Kadhafi à avoir rejoint le Conseil national de transition. Son président actuel, Mustafa Abdeljalil, était le ministre de la Justice jusqu'à sa démission du gouvernement le 21 février. Devenu le véritable leader du CNT, il se rattache à une tendance modérée de l'Islamisme et s'est distingué grâce à ses reformes du code pénal libyen en 2010. Ali Abdelaziz al-Essaoui, ministre du Commerce et de l'Économie de Kadhafi, a démissionné suite aux violences perpétrées à l'encontre de la population pour devenir le responsable des Affaires étrangères au sein du CNT.

Mais rien ne garantit que ces personnalités, hier affiliées au Guide suprême et aujourd'hui figures de proue de la rébellion, se maintiennent au pouvoir. La chute de Mouammar Kadhafi fera certainement renaître les particularismes régionaux et les rivalités tribales qui rendent la stabilisation de la nouvelle Libye d'autant plus difficile.

 

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