Fabien Tastet : "Nous sommes les aiguillons de l'innovation"
Laurence Bottero
Laurence Bottero
Fabien Tastet aimerait beaucoup que les poncifs n'aient plus la belle vie. La dichotomie entre sphère publique et sphère privée ? Un faux et surtout un ancien débat. Aujourd'hui "nous essayons de défendre l'innovation comme vecteur de développement des territoires" explique celui qui préside l'Association des Administrateurs Territoriaux de France, qui regroupe les cadres supérieurs, ceux qui murmurent à l'oreille des élus, les axes des politiques publiques. Si habituellement, le congrès national s'attache à commenter la loi - votée ou en passe de l'être - cette année, Fabien Tastet a plutôt opté pour le thème de l'innovation. "Alors que l'on parle de crise, l'accueil des entreprises et la mise en réseau permet de retrouver des schémas de croissance", argumente celui qui préside l'association depuis 2014.
"Cette recherche de l'innovation permet de rapprocher le public et le privé" poursuit Fabien Tastet.
"La relation à l'entreprise évolue et l'innovation fait partie de notre métier", appuie pour sa part Karine Topin-Condomitti, adjointe au directeur général de services de la Ville de Nice et de la Métropole Nice Côte d'Azur.
Et de fait, les barrières tombent, les relations "avec l'Université et la recherche fondamentale se déroulent de manière naturelle", quasi innée.
"Nous faisons partie des appels à projets numériques ou des projets liés aux start-ups de la French Tech car Veolia est souvent inclus dans le premier tour de table", indique Jean-Christophe Delalande, directeur du Pôle Recyclage et Valorisation des Déchets au sein du groupe français et qui a notamment contribué au programme de Monitoring Urbain de la Métropole Nice Côte d'Azur initié il y a 3 ans. Depuis cinq ans, Veolia s'est emparé de la thématique innovation via le programme national Veolia Innovation Accelerator qui permet d'effectuer une veille active des start-ups qui émergent, et à celles qui se révèlent les plus prometteuses, "nous leur proposons alors de prendre Veolia comme terrain de jeu". Un échange de bons procédés qui tend à devenir un réflexe habituel. "Les logiques de partenariats vont s'installer. D'autant que la commande publique suscite de fait une réponse partenariale, en co-traitance ou en sous-traitance. Parfois le petit c'est-à-dire la start-up, sous-traite avec le gros dans un esprit de partage de compétence". Pour Karine Topin-Condomitti, "l'avenir c'est que les administrateurs territoriaux que nous sommes seront en relation permanente avec les entreprises". Adieu poncifs.
Laurence Bottero