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Économie - La Tribune Région Sud

Comment les plagistes veulent se faire entendre de Ségolène Royal

Laurence Bottero

Publié le 31 mai 2016 à 15:01 - Mis à jour le 31 mai 2016 à 17:18

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Agacés par l'attitude du ministre de l'Ecologie qui ignore leur appel à la négociation à propos du décret-plage, les professionnels ont profité de leur convention nationale à Cannes ces 30 et 31 mai pour voter une motion avec des contre-propositions. Et plus, si pas affinités.

Ce n'est pas un petit grain de sable mais un gros caillou qui se trouve dans la chaussure des plagistes. Un caillou qui prend la forme du décret-plage, un décret pris en... 2006 mais appliqué depuis peu, depuis le renouvellement des concessions aux établissements de plage, ce qui se fait au fur et à mesure selon les communes. Et si ce décret provoque l'ire des plagistes c'est qu'au nom de la loi Littoral - dont il découle - il prévoit de réduire le nombre de lots concédés. Donc d'établissements. Et donc, par effet domino, d'emplois.

Touchés, coulés ?

"L'application de ce décret entraînerait globalement la suppression de plus de 2 000 emplois" prévient Thierry Grégoire, président UMIH Saisonniers en charge des affaires sociales.

En appliquant la règle selon laquelle un emploi direct génére 4 emplois indirects cela porterait à près de 10 000 le nombre d'emplois supprimés. Quant à la perte en terme de chiffre d'affaires, elle s'élèverait à un milliard d'euros. Le tourisme littoral, d'après l'Observatoire du littoral, génère 150 000 emplois et réalise 44 % de l'économie maritime. Surtout, les établissements de plage sont des acteurs essentiels de l'industrie touristique, participant à la fameuse attractivité. Et c'est bien cela, la pierre d'achoppement entre les restaurateurs de plage et l'Etat.

Car Thierry Grégoire tient à le répéter, "nous ne sommes ni contre la loi littoral, ni contre le décret-plage, c'est davantage un problème de forme que de fond. Nous demandons davantage de souplesse". Et des propositions d'ajustements, les professionnels de la restauration de plage en ont. Ils les ont même compilés et explicités dans une motion votée à l'unanimité ce 31 mai en clôture de leur convention nationale.

Assouplissement

Ce que demandent les plagistes tient en trois points. D'abord que le décret - qui impose que 80 % du linéaire et de la surface de chaque plage naturelle reste sans installation en dur (50 % pour ce qui concerne les plages artificielles) soit appliqué, non pas par plage justement, mais en prenant en compte soit l'ensemble du littoral de la commune soit de l'intercommunalité. Ce qui permettrait de "sauver" des établissements. C'est aussi que les installations en dur - à qui le décret impose une démolition à la fin de la saison - ne le soient qu'à la fin de la concession. Et enfin, que la durée de la concession accordée aux plagistes - jusqu'alors de 12 ans - soit portée à 18 ans, une façon d'amortir les coûts de démolition et de reconstruction qui en découlent.

Ces trois points, l'Union des métiers de l'industrie hôtelière aimerait beaucoup les détailler à Ségolène Royal. Or le ministre de l'Ecologie, dit l'UMIH, ne répond à aucune de leurs sollicitations de s'asseoir ensemble autour de la table des négociations. D'autant plus rageant pour l'UMIH car les négociations avec Frédéric Cuvillier lorsque celui-ci était ministre délégué la mer, étaient en bonne voie. Entre-temps, le remaniement est passé par là.

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"Notre motion sera proposée à la signature aux clients des plagistes. Nous ne sommes pas pour une manifestation dans la rue, car nous considérerions cela comme un échec. Mais nous sommes parfaitement capables de "parler" à nos clients", suggère Thierry Grégoire, rappelant que le calendrier électoral joue en faveur des plagistes.

Et que les actions de lobbying vont se poursuivre, l'idée étant que justement les futurs candidats aux élections "prennent bien conscience de nos problématiques".

Laurence Bottero

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