Côte d’Azur : ces chiffres qui confirment l’impact du couvre-feu
Laurence Bottero
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L'annonce le 2 janvier n'avait pas, mais alors pas du tout ravi certains premiers magistrats de la Côte d'Azur, qui tel un seul homme, avaient fait savoir leur réticence voire leur totale opposition à un couvre-feu avancé à 18h.
L'argument principal étant l'impact réel que cette mesure aurait sur le comportement de la consommation et sur l'organisation interne des entreprises et donc, par effet de ricochet, sur leur chiffre d'affaires.
Près de 15 jours plus tard, l'enquête flash menée par la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur démontre, par les chiffres, que l'impact est bien réel et surtout pas anodin. Ainsi, selon les données publiées, 59 % des entreprises issues des secteurs du commerce, de la restauration et des services enregistrent une perte de chiffre d'affaires de 25 %. Et c'est même 50 % pour le quart d'entre elles. Et si on regarde spécifiquement la restauration, 2/3 des entreprises revendiquent une perte allant jusqu'à 50 %.
Parmi les 450 entreprises qui ont répondu à l'enquête, 350 sont spécialisées dans le commerce, 65 dans la restauration et 33 dans les services. Un échantillon assez représentatif de ce qui se passe réellement sur le terrain.
Assez logiquement, la situation tend suffisamment l'organisation et les résultats des TPE PME pour que celles-ci n'hésitent pas, à nouveau, à faire appel à la mesure qui les a déjà sauvés durant les précédents confinements : l'activité partielle.
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42% des entreprises, au total, l'envisagent. Le commerce est encore le plus frileux sur le sujet, puisque seulement 37,5% envisagent d'y avoir recours - ce qui peut être perçu comme une « bonne » nouvelle, preuve que l'activité, même raccourcie en temps, demeure assez complète. En revanche, du côté de la restauration, c'est exactement l'effet inverse, puisque 72% des établissements y songent sérieusement. Il faut dire que les restaurants voient leur schéma habituel être amputé d'une partie, le couvre-feu insinuant l'impossibilité de poursuivre, par exemple, la livraison à domicile après 18h. C'est aussi une activité click and collect empêchée. Ce qui, forcément, a des répercussions sur l'organisation interne de la TPME PME. Des entreprises de restauration qui en viennent à demander une dérogation afin de pouvoir ouvrir le dimanche, ce qui serait un moyen pour elles de compenser et rattraper une partie du chiffre d'affaires non réalisé. 58% le souhaitent afin de ne pas laisser passer un revenu qui vient s'ajouter à ce qui est produit le reste du temps. Sachant que l'enquête pointe justement un réel manque à gagner de l'ordre de 50% du chiffre d'affaires concernant la vente à emporter, une réalité pour 60% des restaurateurs. Autre pourcentage qui est inquiétant, 53% des restaurants ont décidé de ne pas offrir de service livraison. Ce qui est dit beaucoup sur l'impact causé.
Laurence Bottero