In’oya part à la conquête du marché africain (et c’est aussi grâce au confinement)
Maëva Gardet-Pizzo
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C'est depuis le Sénégal qu'Abd Haq Bengeloune, fondateur d'In'oya, apprend le reconfinement de la France, le 28 octobre dernier. Il s'y est rendu quelques jours plus tôt pour une étude de marché, lui qui n'a jamais caché son souhait d'y installer son entreprise. Plutôt que de rentrer, il fait le choix de rester sur place. L'occasion parfaite pour accélérer son projet d'implantation. « Depuis deux semaines, je fais ce que je n'aurais jamais pu faire en France où je suis souvent absorbé par le quotidien », dit-il.
Installée à Gardanne, In'Oya est créée en 2013 pour proposer des cosmétiques adaptées aux peaux foncées et aux problématiques qui leur sont propres. Elle commence par commercialiser des anti-taches puis élargit sa gamme pour fidéliser sa clientèle. Elle propose également des protections solaires, des masques à l'aloe vera et, depuis peu, un élixir s'inscrivant dans un nouveau paradigme, celui de la slow cosmétique. « Longtemps, sur ce marché, on a cherché à accélérer les processus liés à la peau en gommant, en exfoliant, pour un renouvellement rapide des cellules. Mais les recherches montrent que l'évolution de la peau est finie et que plus on exfolie, plus on touche au capital vieillesse. La nouvelle tendance est donc de respecter l'évolution naturelle de la peau tout en corrigeant les imperfections. D'où l'intérêt croissant pour les prébiotiques qui respectent la flore bactérienne ».
L'élixir, comme le sérum anti-taches, ont été récompensés par les Victoires de la beauté. « C'est une première pour une marque ethnique », se réjouit Abd Haq Bengeloune. Une consécration qui confirme que la marque a réussi à son pari français. Avec un chiffre d'affaire qui a dépassé le cap de 2 M€, In'oya est présente auprès de 800 à 900 pharmacies, essentiellement en Île-de-France.
Et si la crise a eu un impact non négligeable sur sa trésorerie et son développement, cet effet a été atténué par une stratégie d'investissements massifs sur le digital, initiée il y a trois ans. « Aujourd'hui, nous réalisons 1 M€ de chiffre d'affaire uniquement sur notre site ».
Maëva Gardet-Pizzo