Renaud Muselier : « La Région Sud va donner cette visibilité tant attendue par le monde économique »
Laurence Bottero
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Renaud Muselier
Claude Almodovar
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Renaud Muselier
Claude Almodovar
LA TRIBUNE - Un an après le début de la crise, comment se porte l'économie régionale ?
RENAUD MUSELIER - Nous avons été confrontés à une crise sanitaire avec rebond qui a entraîné une crise économique d'une extrême violence, avec une crise sociale que l'on est en train de mesurer et avec une quatrième crise qui pointe à l'horizon et qui nous frappe de façon insidieuse, c'est la crise psychologique. L'ensemble est lié. Juste avant le début de la crise, nous avions une progression dans tous les domaines de compétences, à l'international, au niveau européen, au niveau des industries, du petit commerce, du tourisme... La totalité du système économique était en progression en 2019. Tous les indicateurs étaient passés au vert, avec une accélération, que ce soit concernant la nouvelle économie, le volet industriel, tout était en ordre de marche. Nous sommes aujourd'hui un an après, après un exercice où la région a réinjecté 1,8 milliard d'euros dans l'économie. Ça a permis d'apporter aide et assistance à près de 700 000 entreprises. Et nous sommes venus en soutien, de façon très concrète, aux aides du gouvernement. Au-delà de toute cette aide, on constate dans les premiers chiffres publiés aussi bien au national qu'en local, à un effondrement de la croissance.
Comment comptez-vous supporter l'économie régionale, fragilisée ?
Plusieurs choix stratégiques vont être engagés. Lors de la plénière de ce mois de février, nous allons donner suite à la demande faite à Nice, lors de la réunion du monde économique, d'apporter de la perspective, de la visibilité pour 2021. Je dois donner de la visibilité dans le cadre de mon action économique, dont je suis le moteur. Nous avons déjà programmé de réinjecter concernant le Prêt Rebond, le Prêt Défensif, le Prêt Région Sud Investissement Covid et le Prêt Essor, 22 millions d'euros. La totalité de nos outils seront maintenus. On a déjà fléché une vingtaine de millions d'euros sur un ensemble de prêts et outils. Nous allons apporter des moyens complémentaires aux aides décidées par l'Etat pour les aides en fonds propres, pour les aides aux loyers... 600 000 euros vont être injectés pour la digitalisation des entreprises ou des collectivités, au titre de la Smart Région. Pour tout ce qui est commerce et artisanat, on maintient et on abonde de 600 000 pour le coach digital. On mettra le paquet pour financement de l'innovation, pour le PIA et pour la réindustrialisation via 12 millions d'euros. La commande publique - soit 400 millions d'euros - sera maintenue, sachant que 70 % bénéficient directement aux PME régionales. Ça c'est l'action de la Région, qui s'appuie aussi sur le Contrat d'Avenir, signé en début d'année avec le premier ministre, qui s'élève à 5,1 milliards d'euros. Sachant que du temps mon prédécesseur, Michel Vauzelle, le Contrat de plan signé avec Manuel Valls, alors premier ministre était 1,8 fois moins important. Nous avons également déployé un pacte Sud Relocalisation pour aider les entreprises des filières stratégiques à trouver les partenaires nouveaux et de proximité. On crée un fonds de participation et de reconquête industrielle pour nous permettre d'investir dans les nouvelles filières industrielles, 17 millions d'euros y sont consacrés avec un objectif de 60 millions d'euros. On a des résultats, avec Sanofi qui vient s'installer à Sisteron, soit un investissement de 60 millions d'euros de leur part, 4 millions d'euros de la part de la Région.
Laurence Bottero